Du côté de mon chéri, ça a d'abord été "t'envisages quand même pas de devenir végétalienne ?" (j'étais végétarienne). Bien sûr, je n'ai pas répondu tout de suite, j'ai d'abord cherché comment j'allais l'informer pour ne pas qu'il panique. Et maintenant, c'est lui qui connaît tous mes arguments par coeur et les ressort dès qu'on me lance sur le sujet. Donc, lui, il comprend très bien, je crois qu'il trouve ça assez noble, en fait, mais lui ne se sent pas prêt pour ça.
Du côté de mes parents, je m'attendais à un vent de panique, mais je crois que je maîtrisais tellement bien mes arguments que je ne leur ai pas laissé le temps. Du coup, ils sont avec moi, pas de problème, ils savent bien que leur fifille ne ferait pas ce genre de chose à la légère. Quand je débarque à la maison, ma mère dévalise le biocoop du coin pour avoir de quoi me nourrir (je découvre même des trucs !). Mais, tout de même, j'ai souvent un plat à part, alors que je préfèrerais partager avec tout le monde, quitte à ce qu'ils rajoutent de la viande, plutôt que de manger mon plat rien pour moi.
Du côté de mes beaux-parents, je pense qu'ils sont rassurés, maintenant. De temps en temps, la discussion se relance avec mon beau-père, pour qui mon combat est perdu d'avance. Je ferais mieux de ne pas me priver de toutes ces bonnes choses, selon lui, je pense. Je ne sais pas s'il peut concevoir qu'il ne s'agisse pas de privation... Mais, dans l'ensemble, pas de problème.
Avec les gens qui découvrent mon végétalisme, la chose passe en général très bien, après une longue explication. Disons qu'il faut être prêt à argumenter avec les "non initiés", mais vu qu'en général, ils repartent avec une image rassurante du végétalisme, le jeu en vaut la chandelle. J'ai souvent des "tu as certainement raison (au niveau écologie et éthique, surtout), mais moi, je ne m'en sens pas capable". En général, ça m'énerve car moi, du haut de mon jeune âge, je l'ai bien fait, toute seule dans mon coin avec personne de mon côté au départ, mais bon, se fâcher ne sert à rien et puis, qui sait, ils en seront peut-être capables un jour...
Parfois, je rencontre des gens qui comprennent très bien le végétarisme, mais pas le végétalisme. Ces gens-là me soutiennent que cela ne se passe pas comme je le dis pour le lait et les oeufs, et je me demande dans quel monde ils vivent. Souvent, ils croient que je suis trop jeune pour savoir comment ça se passe et qu'eux le savent bien (les vaches ont besoin d'être traites, les poules ont toujours eu des oeufs, m'enfin !). Comment prouver ce que j'avance ? Je ne suis pas encore au point sur la question.
En ce qui concerne les médecins, je suis déjà morte depuis longtemps et pour ceux qui me maintiennent en vie, je ne devrais pas être si catégorique (= extrémiste ?) dans ma manière de vivre. Il y en a un qui m'a surprise : il me suivait depuis plusieurs années quand j'ai voulu passer au végétalisme et il m'a juste avoué qu'il ne se sentait pas compétent, sans jamais me dire quoique ce soit de désobligeant. Au contraire, il m'a ouvert la porte d'une collègue diététicienne végétarienne. Mais, vu que, justement, je vais devoir changer de médecin traitant, j'aurai vite plein de choses à dire sur la question...
A la pharmacie, on ne me dit rien d'embêtant non plus, pourtant, je les titille, à leur demander des produits sans gélatine, lactose, etc... On m'a juste dit une fois de faire attention, mais rien de méchant. Il faut dire que depuis que j'ai des analyses à l'appui prouvant que, côté minéraux, tout va bien, ça m'aide beaucoup !
Voilà pour mon témoignage... L'étape suivante, c'est donc le choix du médecin traitant et (dans quelques temps) d'un gynéco, d'une sage-femme, etc... (un grand moment en perspective : mon futur embryon va-t-il mourir autant de fois que sa future mère ?)