Auteur Sujet: Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?  (Lu 1116 fois)

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Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« le: samedi 20 novembre 2010, 15:51:48 pm »
Bonjour

Personnellement je ne suis pas mystique. Je suis végé parce que je ne digère pas la souffrance, celle de l'élevage industriel en particulier. Je n'ai pas de mésentente avec la chair car nous vivons tous aux dépens. Disons que je suis en grève illimitée de consommation carnée ou piscicole. D'ailleurs, je n'en ai vraiment pas besoin. La chair c'est le seul "plaisir de gueule", comme l'indiquait les romains, la considérant comme une nourriture excrémentielle. i.e. dont le propre est d'être rapidement corrompue.
Je n'ai pas le culte de la diététique non plus.
Seul un sentiment d'empathie avec les vivants, dans l'enfer de la Volonté de vivre, me guide.

Je ne place pas à un premier plan la gastronomie -  stricto sensu, la loi du ventre- Je refuse de n'être qu'un tube digestif terminé par un colon.

Je veux seulement vivre digne.

Hors ligne bleinadl

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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #1 le: dimanche 21 novembre 2010, 03:29:13 am »
Bonjour :)
Intéressant témoignage ;)
Mais que la chair soit "plaisir de gueule" je diffère quand même un peu... :-\
Après bien des années de végétarisme, ce qui me paraissait ou sentait appétissant, dans le temps: odeurs de cuisine, aspect d'un plat de viande, etc, aujourd'hui ça m'incommode plutôt qu'autre chose et même des fois ça me répugne carrément, rien qu'à voir cette barbaque dans l'assiette d'un autre.
Je ne dis rien. Je suis civilisé et je reste poli, mais je ne pourrais plus manger  "ça".
Je crois que ça me ferait vomir. Et pourtant moi non plus, je ne suis pas mystique, mais je ne peux pas m'empêcher de voir l'animal derrière le morceau de viande.
Et même la texture m'écoeure: une fois ma tante avait mis des lardons dans une salade, il a fallu que j'aille cracher ça aux toilettes. C'était mou, gomeux alors que les crudités, les végétaux crus en général sont tellement plus "croquants".
J'exagère, mais on pourrait dire que ce sont 2 "mondes" tellement différents ::)
Je crois finalement que Pascal a raison: c'est en pratiquant qu'on devient croyant; c'est applicable à bien des choses et aussi à la "pratique" du végétarisme.
Cordialement :D 
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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #2 le: dimanche 21 novembre 2010, 17:32:25 pm »
Je ne sais si il y a tant de végé mystique que ça, je n'en connais pas de mystique à vrai dire et je pense que si nous sommes devenu végé c'est justement que nous avons refusé de "penser" avec notre estomac. Ça me rappel toujours Platon avec cet typologie, bon c'est l'antiquité, cet division de l'espèce humaine en trois catégories: le ventre, le cœur, la tête.  Le ventre c'est le "peuple", cet opinion ambulante, cet masse qui ne pense qu'en terme d'intérêt, de passion (aux sens de plaisir pulsionnel) et qui ne pose aucune réflexion, le cœur qui représente les soldats plus téméraire que courageux, qui ne pense qu'à piller le plus possible pour acquérir plus de richesse et plus de force et ainsi régner, et enfin la tête, c'est l'aristocratie, c'est à dire  les philosophes, ceux qui sont les meilleurs (intellectuellement, vertueusement)  pour gouverner.

En tant que végé, on est pas mal aristocrate et philosophe ^^, ça me fait rire de le penser !
Cette phrase de Pascal sonne vraiment bien dans notre cas, et "je" pense qu'il y a de ça.
Parfois j'explique que j'aimais bien ceci ou celà avant (et ça me parait à chaque fois tellement absurde de dire cela, il y une tel rupture entre mes anciennes habitudes et mes réflexions d'aujourd'hui que m'associer a cet ancien moi me parait stupide et impossible) et que maintenant ça me répugne le plus souvent, je le cris pas non plus c'est pas la meilleur des méthodes pour se faire comprendre.
Rien qu'aujourd'hui, mes colloques ont cuisinés deux gros bout de viande... ah l'odeur ! Je me souvenait pas que ça puait autant ! C'est fou, je comprend pas que j'ai put apprécier un truc pareil.
Parallèlement il y avait quelques légumes que je n'aimais pas et dont je me délecte maintenant, faut dire qu'être végé ma poussé a manger plus varier et a cuisiner même les aliments dont je ne raffolait pas voir que je n'aimais pas. Maintenant j'ai appris a les cuisiner, et j'aaadore !
Je ne pourrais plus jamais revenir en arrière, même si on me prouvait par a+b qu'un animal n'est qu'un machine, c'est vraiment inbouffable en faite comme aliment la viande.
Quand je pense que tout ce qui est autour de la viande s'appel "accompagnement", bah vaut mieux parceque la viande en elle-même.... faut le vouloir quand même !
C'est peut être plus un appel sociale que "ventrale" au final ...

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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #3 le: dimanche 21 novembre 2010, 18:19:01 pm »
Mouais, et dire que les gens attendent toujours impatiemment le jour où une terrible envie de viande va m'assaillir... Ils peuvent attendre !

Non, franchement, je partage votre avis : faut vraiment le vouloir pour manger du muscle, encore plus pour des organes (foie, berk !). En tous cas, à la cantine, je ne me souviens pas que les enfants raffolaient particulièrement de viande... En fait, c'est comme l'alcool, faut se forcer pour y prendre goût après, mais à quoi bon se forcer à aimer un truc aussi dégoûtant ? L'Homme est-il masochiste ? Bon, je ne vais pas continuer, sinon, je vais dériver sur les écueils de la morale judéo-chrétienne et on ne s'en sortira pas...
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Hors ligne Nico.

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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #4 le: dimanche 21 novembre 2010, 21:33:21 pm »
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à quoi bon se forcer à aimer un truc aussi dégoûtant ? L'Homme est-il masochiste ?
Non, mais c'est parce que c'est "culturel" et que pour être en bonne santé, on a besoin de protéines (et tout le monde que les protéines ne se trouvent que dans la viande !).

J'ai eu une discussion passionnante avec un couple d'amis, cet après-midi, intéressés et intrigués par mon mode de vie (et par mes toilettes sèches, mais c'est autre chose !). Ils étaient prêts à la réflexion, à la remise en cause, et je les ai aidé à le faire... Ils ne changeront pas leur alimentation pour autant, mais ça fait partie des choses qui vont faire leur chemin...
En tout cas, on a bien mangé ce midi, et ils ont tout à fait admis que je me nourris mieux qu'eux, tant du point de vue gustatif que santé !

Bien à tous,

Nico.

Hors ligne Dingo

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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #5 le: lundi 22 novembre 2010, 12:32:56 pm »
Bonjour Bleinadl, Girafette, Jessica, Nico

* Bleinald

Par "plaisir de gueule" je ne décrivais que ce qu'en disaient les romains, et dans le cadre des sacrifices. Si tu vois l'animal dans ton assiette alors nous sommes proches. Ce qui me gêne parfois, mais ça peut s'estomper, c'est le sentiment que certains sont uniquement végé dans leur seul intérêt - que celui ci soit réel ou imaginaire n'est pas là ma véritable interrogation. Mon empathie naturelle m'empêche de trouver répugnante la chair. Même devant moi, ensanglantée. Disons que cela peut s'apparenter -si je ne suis pas seulement un grand malade- à une forme de respect, détournée certes, des formes du vivant.

Le bonjour à Porto Rico ! Et amicalement...



* Bonjour Girafette

"C'est peut être plus un appel social que "ventral" au final ..."

Oui, je suis bien d'accord avec toi dans cette approche. Du moins c'est ainsi que je le conçois. Et en premier lieu le refus de formes de dominations qui induisent à une violence sociale généralisée - Qu'elle soit dans l'entreprise, la société civile, la culture...

Découvrir l'autre plutôt que le manger me semble le témoignage d'une certaine curiosité, plutôt rassurante.

Des fois j'ai envie de dire aux vaches, mais bien plus aux cochons et aux poules en batterie, qu'elles devraient se déguiser en martiens pour attirer l'attention. Là nombre des crédits de la recherche spatiale leur seraient dévolus...Mais en lieu et place de la découverte de l'étranger, là devant soi, le spéculatif semble bien plus irrésistible. Les océans seront détruits avant que d'être connus, n'est-ce pas ?


Je crois que tu as choisi une spécialité bien intéressante...Bioéthique animale, c'est cela ?


Amicalement


* Jessica et Nico


Vous semblez bien sur la même longueur d'onde. De celle qui me surprend un peu - Mais ça peut changer, je ne vous exprime que mon sentiment. Comment peut-on dire que la chair est répugnante ? Celle de sapiens, celle d'animaux non humains ?

J'ai connu autrefois un ami qui n'avait vraiment aucune curiosité ou empathie pour le monde animal mais végé depuis toujours, pour de supposées meilleures performances de son intellect et de son corps. L'était joueur d'échec. Il n'était guère sympathique malgré qu'il fût brillant. Cela m'a marqué. Il faut dire qu'on peut (ou doit) m'assimiler à un anti spéciste.

Pour moi refuser la chair c'est "pour qui" : l'animal que je veux rencontrer, et pas seulement personnellement mais au sein d'une culture organisée sur sa reconnaissance. C'est pas "pour quoi", si ce quoi est fondé sur son propre gustatif, sur une sensibilité n'incluant pas l'autre, celui qui à des pattes une fourrure, ou une coquille... Celui qui a souvent des yeux qui vous regarde au fond de l'assiette.


Amicalement à tous deux.



Hors ligne bleinadl

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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #6 le: lundi 22 novembre 2010, 13:52:24 pm »
Bonjour Dingo,

Merci pour ton bonjour à Porto Rico.
Ça donne un peu de soleil à mon île qui s'est réveillée sous la pluie aujourd'hui ;D
Pour en revenir à ta réponse - exactement à tes réponses, j'avoue que j'ai du mal à saisir le cheminement de ta pensée :-[
Peut-être faudrait-il définir le concept de chair en tant que telle, comme dirait Aristote 8)
Évidemment si on prend cette chair au sens de celle d'une jolie fille sur une plage (... portoricaine  :D) qui se dore au soleil (quand il est là :D), ce n'est pas la même chose que celle qui a été découpée du corps d'un animal, qui est sanguinolente et qui maintenant se retrouve comme bifteck + ou - saignant dans une assiette :( 
Celle-ci me répugne.
Celle de la jolie fille est très appétissante au contraire ;)
"La chair est faible" justement  :D.
Cordialement.
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Hors ligne girafette

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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #7 le: lundi 22 novembre 2010, 17:21:06 pm »
"Découvrir l'autre plutôt que le manger me semble le témoignage d'une certaine curiosité, plutôt rassurante." et là je ris au éclat tellement c'est évident ! ;D hi hi hi
Notre façon de voir l'animal m'apparait tellement folle tant absurde que s'en est incompréhensible.
Comme tu le dis si bien, pourquoi sommes nous incapables de voir l'animale comme un étranger que nous pourrions rencontrer_soupir_ quelle belle perspective !
Le rapport animale-homme-aliène (je n'y met aucun ordre ni hiérarchie) m'apparait une source de réflexion trèèèèès fertile !!
Je suis en première année de master éthique (à finalité éthique appliqué) je me spécialiserait l'an prochain en bioéthique. Les spécialisation en éthique animale n'existe pas en Europe, seulement au USA mais dans le cadre du droit il me semble ^^. Mais je vais l'étudier entre autre parmi différents courants de pensées en bioéthique, en éthique environnementale et animale et en éthique des affaires. Les domaines sont très intéressant mais la bioéthique m'attire plus que d'autre. Je compte faire mon mémoire sur un thème plus précis de l'éthique animale. :D
"vivre digne" rien que ça tu peux en faire un bouquin !

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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #8 le: mardi 23 novembre 2010, 11:29:53 am »
Je vois que tu as, Bleinald, une attitude proche de celle de Jessica. Et celle ci me rend perplexe. J'aimerais bien qu'elle fasse là cette dérive judéo- chrétienne qu'elle envisage elle même.

Que l'on se fixe une règle de conduite qui repose sur une attitude respectueuse de la vie d'autrui, et pas seulement en terme d'ingestion mais aussi de respect de déploiement de son être, c'est ce que je ne peux qu'approuver.

Mais affirmer sa simple répulsion vis à vis de la chair - même a postériori - ne m'apparaît pas pouvoir reposer sur une base éthique bien solide. Comme si, sans cette répulsion, son propre engagement moral risquait de devenir vulnérable.

Qui plus est cette attitude ne conduit-elle pas à un rejet des corps eux mêmes, qui sont alors cette souillure que la peau ne fait que masquer. Une peau qui est pourtant là, en l'occurence, le voile de Maya.

Ce qu'il risque d'apparaitre alors c'est une confusion dans un engagement pour l'animal. Mais peut être celui ci est-il second pour certains ? C'est bien aussi ce que j'aimerais savoir, là. Car cette répulsion affichée ne peut qu'obscurcir l'engagement, notamment vis à vis de non végés.

Ce que dit Nico n'est pas tout à fait exact...Le désir de consommer de la chair est bien antérieur à la connaissance des protéines. Même si cet argument est désormais  bien présent au niveau du lobby viandard.

Mais il convient de garder clair que cet argument - relevant désormais du simple marketing - est récent et donc qu'il n'explique rien en lui même.


Amicalement à chacun

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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #9 le: mardi 23 novembre 2010, 15:11:09 pm »
Bonjour Dingo,

Citer
Que l'on se fixe une règle de conduite qui repose sur une attitude respectueuse de la vie d'autrui, et pas seulement en terme d'ingestion mais aussi de respect de déploiement de son être, c'est ce que je ne peux qu'approuver.
Citer
Une peau qui est pourtant là, en l'occurence, le voile de Maya.
Ça me semble bien mystique tout ça :o

De quel être parles-tu ontologiquement? Et qu'est-ce que son déploiement?
Le voile de Maya c'est quoi ça?
Maya c'est qui? Où est-ce qu'on en parle?

Toutes ces assertions m'ont l'air bien dogmatiques et orientalisantes. Elles mériteraient un peu plus d'explications.

L'animal, si je te comprends bien, serait donc la réincarnation d'un être en voie de déploiement...
 
On est dans l'Hindouisme.

Citer
Ce qu'il risque d'apparaitre alors c'est une confusion dans un engagement pour l'animal. Mais peut être celui ci est-il second pour certains ? C'est bien aussi ce que j'aimerais savoir, là. Car cette répulsion affichée ne peut qu'obscurcir l'engagement, notamment vis à vis de non végés.
Évidemment dans cette perspective l'animal est mon égal puisqu'il est un être en voie de développement (comme tous les êtres d'ailleurs). Mais c'est quand même assez fanatique aussi quand tu dis qu'il ne faut pas obscurcir l'engagement, notamment vis à vis de non végés
Il faut donc partir en croisade l'esprit bien clair :-[

Dingo, ça me préoccupe tout ça. :(

Tolérance, tolérance, tolérance...Qui a la vérité?

Les non-végés: hier c'était toi, moi, et ce seront - quelques uns, j'espère - les végés de demain, n'est-ce pas?

Et puis je vois que tu aimes bien "catégorier" les gens:
Citer
Je vois que tu as, Bleinald, une attitude proche de celle de Jessica.
C'est un reproche? Peut-être que nous serions seconds pour toi?


Cordialement :)
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Hors ligne hébé

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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #10 le: mardi 23 novembre 2010, 17:14:19 pm »
Bonjour à tous,

Je m'immisce dans la conversation alors que je ne suis pas franchement une connaisseuse en philo.
Mais ce que je comprends du pote Dingo n'a rien à voir avec l'hindouisme ou un quelconque mysticisme. Le voile de maya, c'est ce qui fait illusion, comme chez Platon les ombres dans le mythe de la caverne...

Ceci dit, je n'aime guère l'odeur de la bidoche, ni la voir, ni la toucher... heureusement je ne suis pas chirurgienne, ça la foutrait mal pour le patient à ouvrir.

Je crois que Dingo veut dire que la chair fait partie d'un tout, qu'il n'y a pas à éprouver un quelconque dégoût pour elle, pas plus que pour la fourrure ou la peau, même si c'est du cadavre.

La mort fait partie de l'environnement, être végéta*ien implique seulement le respect du vivant quel qu'il soit, donc lui éviter la souffrance, et l'aider à vivre (le déploiement???) du mieux qu'on peut.

C'est ainsi que je comprends les choses.

Hors ligne bleinadl

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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #11 le: mardi 23 novembre 2010, 19:30:17 pm »
Bonjour hébé :)
Enchanté de te connaître :D
Tu dis:
Je m'immisce dans la conversation alors que je ne suis pas franchement une connaisseuse en philo.
Mais ce que je comprends du pote Dingo n'a rien à voir avec l'hindouisme ou un quelconque mysticisme. Le voile de maya, c'est ce qui fait illusion, comme chez Platon les ombres dans le mythe de la caverne...

C'est vrai, tu n'es pas franchement une connaisseuse en philo tu confonds la cause avec l'effet: les ombres sont le résultat du voile, elles ne sont pas le voile ;D
Et pour que tu voies que je ne suis pas tout à fait hors sujet à propos de l'Hindouisme et de ce que dit Dingo, je me suis permis de te copier ce passage, il est un peu long, mais j'espère qu'il t'aidera à être plus nuancée dans tes affirmations 8)
Māyā (Devanagari: माया)1 est un terme sanskrit qui a plusieurs sens dans les religions indiennes. Māyā est la déité principale qui crée, perpétue et régit l'illusion de la dualité dans l'univers phénoménal. Pour les mystiques indiens, cette manifestation est réelle, mais c'est une réalité insaisissable. Ce serait une erreur, mais une erreur naturelle, de la considérer comme une vérité ou une réalité fondamentale. Chaque personne, chaque objet physique, du point de vue de l'éternité, n'est qu'une goutte d'eau d'un océan sans limites. Le but de l'éveil spirituel est de le comprendre, plus précisément de faire l'expérience de la fausse dichotomie entre soi et l'univers.
Māyā a les sens suivants dans l'hindouisme : "1) faculté de mesurer, géométrie ; 2) sagesse éternelle, éternel pouvoir du Brahman (chez Shri Aurobindo) ; 3) puissance cosmique grâce à laquelle l'univers se manifeste et s'organise ; 4) Illusion cosmique qui conduit l'homme à prendre le phénomène pour le noumène ; 5) puissance d'illusion du Seigneur ; 6) Prakriti inférieure (selon shrî Aurobindo) ; la Nature (selon Râmana Maharshi) ; le monde (selon shrî Rāmakrishna) ; 7) pouvoir mystérieux par lequel un Dieu manifeste sa souveraineté 8 la Mère divine (selon shrî Aurobindo) ; 9) puissance d'illusion (selon swâmî Ramdas) ; 10) apparence ; 11) magie"2.
Plus positivement que l'usage ne nous le laisse supposer, Māyā signifie magie, donc tout autant tromperie que créativité. Dérivés :
Mâyâvâda : école de la Mâyâ identique à l'école de l'Advaita Vedānta de Shankara.
Māyāvādin : partisan de cette école.
Dans la philosophie spéculative védique, la Māyā est l'illusion d'un monde physique que notre conscience considère comme la réalité. De nombreuses philosophies ou recherches spirituelles cherchent à « percer le voile » afin d'apercevoir la vérité transcendante, d'où s'écoule l'illusion d'une réalité physique. Voyez aussi l'Advaita Vedānta (2.3)
Dans l'hindouisme, on pense que la māyā est l'un des trois liens qui doivent être dénoués afin de réaliser la moksha (libération du cycle des réincarnations ou saṃsāra), les deux autres étant l'ahamkara, l'ego ou conscience de soi, et le karma, la « loi des actes ». Le concept de māyā est central dans le Vedānta où il désigne l'illusion cosmique, le pouvoir de création qui engendre le monde manifesté sous la forme d'un voile d'ignorance qui se surimpose à l'Absolu, Brahman. Shankara la décrit comme sans commencement, "ni être ni non-être", inexplicable (anirvacanya).
Toutefois si la māyā désigne le plus souvent une illusion cosmique, certaines écoles l'interprètent différemment, d'une façon réaliste. Pour le Shivaïsme du Cachemire, māyā est parfaitement réelle, elle est la manifestation d'un pouvoir divin, une force de connaissance et non un voile d'ignorance. Shri Aurobindo a fait remarquer que dans les anciennes upanishads, maya n'est nullement illusoire. Pour lui, l'ancien vedānta est réaliste. Il considère l'illusionnisme comme une évolution tardive. Pour le Vedānta réaliste, māyā est la force qui suscite la multiplicité. Mais la multiplicité est parfaitement réelle. C'est l'opposition entre la multiplicité des objets sensibles et la simplicité supposée du Brahman qui a sans doute conduit certains penseurs à accuser d'illusion le monde perçu.
Le concept de māyā devient négatif dans le bouddhisme mahâyâna, qui désigne māyā comme l'absence de nature propre des phénomènes, la vacuité :
Les ignorants ne comprennent pas que toutes choses sont de la nature de māyā, comme le reflet de la lune dans l'eau, qu'il n'existe pas de substance du soi qu'on puisse imaginer comme une âme dotée d'une existence propre. (Sūtra Lankavatara)
De la même façon, dans le Dzogchen, la réalité perçue est considérée comme irréelle :
Le vrai ciel sait que samsara et nirvāna sont le déploiement d'une pure illusion. (Mipham Jamyang Gyatso3, Quintessential Instructions of Mind, p. 117)
La différence essentielle avec l'hindouisme et le Vedānta est que māyā ne cache pas une réalité ultime : la vacuité est la seule réalité ultime de toute chose. Tout est nié, seule la notion de vérité demeure, avec deux types de vérités :
La première est la vérité absolue, la seconde celle de l'apparence. Destituées de la première, les choses vides d'être propre possèdent pleinement la seconde. Elles existent comme voile derrière lequel il n'y a rien, mais elles existent en tant que voile. La doctrine professée en deçà du voile affirme qu'il n'y a rien au-delà, en vérité absolue, mais professe aussi la vérité du voile en tant que tel. Selon le point de vue d'où elle envisage les choses, elle nie l'existence ou elle l'affirme. Elle se tient donc entre l'affirmation et la négation, dans une proposition moyenne d'où le nom qui le désigne couramment à côté de celui de sunyavada et qui vise précisément cette proposition : Madhyamaka, la Moyenne. (Jean Filliozat, Les philosophies de l'Inde, PUF, 1987)
Le bouddhisme originel évite les affirmations tranchées sur la réalité, à part les trois caractéristiques. Ainsi le concept de māyā n'apparaît pas dans l'école Théravada. Pour elle, le monde phénoménal n'est que le produit de facteurs transitoires et interdépendants :
Le monde existe en raison des actions causales. Toutes choses sont produites par les actions causales, tous les êtres sont régis et conditionnés par les actions causales, tout comme la roue du chariot en mouvement, fixée à l'essieu par la cheville. (Sutta-Nipata, 654)
Ne pas confondre avec Māyā, qui est le nom de la mère du Bouddha historique.
Cordialement :D
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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #12 le: mardi 23 novembre 2010, 21:04:47 pm »
J'avoue que je n'ai pas tout lu du sujet, mais je tenais à répondre au sujet de ma répugnance envers la viande (et non la chair).

Je crains de m'être mal expliquée. Pour ce qui est de l'empathie, je crois que je n'en manque pas, je devrais peut-être même apprendre à en laisser de côté.

Mon dégoût n'a pas pour objet la chair elle-même, mais le manque de respect qu'on lui fait subir en la changeant en morceau de steak cuit, cuisiné, et exposé comme un vulgaire objet, sans plus de considération pour l'animal à qui elle appartient et qui a souffert pour qu'on puisse juste la manger sans même avoir la moindre pensée pour lui. Ce qui m'écœure, c'est d'entendre des choses du genre : "ah, ce lapin, qu'est-ce qu'il était pénible à manger, il avait plein de petits os !" On trouve encore à critiquer cette chair qui ne nous revient pas... Moi, c'est ça qui me rend perplexe.

Après, que je ne supporte pas l'odeur de la cuisson et son goût, eh bien, disons que je n'aurais pas plus supporté, je pense, l'odeur d'Auschwitz.
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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #13 le: mercredi 24 novembre 2010, 10:42:58 am »
Bonjour


Bleinald je vais préciser ce que j'ai dis puisque apparemment tu ne l'entends pas immédiatement comme Hébé.


Alors un simple apparté...

L'être : l'être en soi et par soi. Ce qui est nécessairement sujet et ne tient pas son existence d'un autre être.

Son déploiement : sa réalisation. C'est à dire lui laisser la possibilté de se dire tel qu'il est. Mettre une poule en cage ou une truie en stalle sont des atteintes à leur intégrité.

le voile de Maya : le monde phénoménologique. Ce voile correspond lui même au monde des phénomènes. Je trouvais que la peau correspondait au masque, à une représentation qui voile le corps si l'on éprouvait une répulsion pour sa chair. La forme extérieure du corps est donc "l'objet" et la chair est là considérée comme "la chose en soi".

Je ne sais pas comment tu as pu arriver si facilement à traduire celà par la réincarnation. Dans mon esprit ce n'est vraiment pas le sujet. Heureusement que j'avais précisé que je n'étais pas mystique !


Voilà, voilà...Je mets le reste sur le compte d'un agacement que tu as pu éprouver.


Bonne journée.


Jessica


Te casses pas la tête entre "viande et chair" quand je parle de chair c'est juste pour faire un peu plus chier. Le mot "viande" qui avant le 15ème siècle signifiait "tout aliment" est devenu par la suite synonyme de "chair animale des mammifères". Si tu parles de consommer de la viande, çà passe fort bien habituellement. Mais si tu parles de consommer de la chair c'est plus général. L'attribut de la chair s'appliquant aussi au corps humain, au corps du christ des croyants. La viande, simple produit de consommation, est ainsi symboliquement et justement réhaussée  Et puis ça permet de ne pas oublier nos amis les aquatiques...


Ce que je voulais dire - avec le moins de fanatisme possible ! - c'est qu'il convient certainement d'exprimer - si l'animal est raison première de ses choix  végés - non son dégoût pour la chair mais son empathie profonde avec le vivant, raison de ses choix, et d'être un peu conséquent avec cette dernière. A savoir souhaiter faire cesser l'Auschwitz animal.


Cette cohérence ne coûte que peu.


Amicalement.




Hébé


T'u m'as bien lu. Et tu causes bien, ça fait de l'effet.

Hébé, la déesse de la jeunesse... Sers moi donc un tit verre de nectar...Hic...juste un der...Pour la route !


Bonne journée à toi  !



Hors ligne girafette

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Re : Dingo. Végéta*isme : pour qui ou pour quoi ?
« Réponse #14 le: mercredi 24 novembre 2010, 12:20:32 pm »
hum, hum, je pense que la confusion émet de ce que personne en ces lieux n'a un pur dégout de la viande, enfin chaire (double confusion ^^) et que tu as bien plus développé l'aspect du dégout de la chaire comme absurde et affective et donc dangereuse pour l'éthique animale puisqu'elle là discrédite (et c'est bien vrai !) que l'aspect "règle de conduite qui repose sur une attitude respectueuse ".
Aucun d'entre nous, enfin il me semble, n'a de dégout qui ne soit pas une conséquence de leurs principes, comme le dit Jessica, n'importe quel chaire peut causer un tel dégout à partir du moment ou elle est issue d'une monstruosité, d'un massacre, d'un acte immorale plus simplement.
Du coup, cet idée de dangerosité du dégout "simple" de la chaire à du paraitre bien étrange puisqu'aucun d'entre nous n'a de dégout simple et ne l'utilise comme un argument.
C'est un fait qui découle de l'immoralité que la viande implique.
En se sens le dégout pour la viande que nous avons pour beaucoup "développé" est une répercussion de l'intériorisation profonde, empathique et rationnelle de nos principes, d'une éthique.
D'où une certaine confusion.
Il n'y a pas de mystique parmi nous je crois, ni de simple dégout de la chaire ^^, que des végé dont l'argumentation se base sur des fondements solides et dont le dégout de la viande n'est qu'une conséquence assez évidente, d'où la perplexité face à tes idées (tout à fait juste en soit).
Il me semble en tout cas.
Je pense que toi ou bleinadl aimez tout autant jouer avec le sens des mots  :P, j'aime bien  ;D !