Bonjour hébé

Enchanté de te connaître

Tu dis:
Je m'immisce dans la conversation alors que je ne suis pas franchement une connaisseuse en philo.
Mais ce que je comprends du pote Dingo n'a rien à voir avec l'hindouisme ou un quelconque mysticisme. Le voile de maya, c'est ce qui fait illusion, comme chez Platon les ombres dans le mythe de la caverne...C'est vrai,
tu n'es pas franchement une connaisseuse en philo tu confonds la cause avec l'effet: les ombres sont le résultat du voile, elles ne sont pas le voile

Et pour que tu voies que je ne suis pas tout à fait hors sujet à propos de l'Hindouisme et de ce que dit Dingo, je me suis permis de te copier ce passage, il est un peu long, mais j'espère qu'il t'aidera à être plus nuancée dans tes affirmations

Māyā (Devanagari: माया)1 est un terme sanskrit qui a plusieurs sens dans les religions indiennes. Māyā est la déité principale qui crée, perpétue et régit l'illusion de la dualité dans l'univers phénoménal. Pour les mystiques indiens, cette manifestation est réelle, mais c'est une réalité insaisissable. Ce serait une erreur, mais une erreur naturelle, de la considérer comme une vérité ou une réalité fondamentale. Chaque personne, chaque objet physique, du point de vue de l'éternité, n'est qu'une goutte d'eau d'un océan sans limites. Le but de l'éveil spirituel est de le comprendre, plus précisément de faire l'expérience de la fausse dichotomie entre soi et l'univers.
Māyā a les sens suivants dans l'hindouisme : "1) faculté de mesurer, géométrie ; 2) sagesse éternelle, éternel pouvoir du Brahman (chez Shri Aurobindo) ; 3) puissance cosmique grâce à laquelle l'univers se manifeste et s'organise ; 4) Illusion cosmique qui conduit l'homme à prendre le phénomène pour le noumène ; 5) puissance d'illusion du Seigneur ; 6) Prakriti inférieure (selon shrî Aurobindo) ; la Nature (selon Râmana Maharshi) ; le monde (selon shrî Rāmakrishna) ; 7) pouvoir mystérieux par lequel un Dieu manifeste sa souveraineté 8 la Mère divine (selon shrî Aurobindo) ; 9) puissance d'illusion (selon swâmî Ramdas) ; 10) apparence ; 11) magie"2.
Plus positivement que l'usage ne nous le laisse supposer, Māyā signifie magie, donc tout autant tromperie que créativité. Dérivés :
Mâyâvâda : école de la Mâyâ identique à l'école de l'Advaita Vedānta de Shankara.
Māyāvādin : partisan de cette école.
Dans la philosophie spéculative védique, la Māyā est l'illusion d'un monde physique que notre conscience considère comme la réalité. De nombreuses philosophies ou recherches spirituelles cherchent à « percer le voile » afin d'apercevoir la vérité transcendante, d'où s'écoule l'illusion d'une réalité physique. Voyez aussi l'Advaita Vedānta (2.3)
Dans l'hindouisme, on pense que la māyā est l'un des trois liens qui doivent être dénoués afin de réaliser la moksha (libération du cycle des réincarnations ou saṃsāra), les deux autres étant l'ahamkara, l'ego ou conscience de soi, et le karma, la « loi des actes ». Le concept de māyā est central dans le Vedānta où il désigne l'illusion cosmique, le pouvoir de création qui engendre le monde manifesté sous la forme d'un voile d'ignorance qui se surimpose à l'Absolu, Brahman. Shankara la décrit comme sans commencement, "ni être ni non-être", inexplicable (anirvacanya).
Toutefois si la māyā désigne le plus souvent une illusion cosmique, certaines écoles l'interprètent différemment, d'une façon réaliste. Pour le Shivaïsme du Cachemire, māyā est parfaitement réelle, elle est la manifestation d'un pouvoir divin, une force de connaissance et non un voile d'ignorance. Shri Aurobindo a fait remarquer que dans les anciennes upanishads, maya n'est nullement illusoire. Pour lui, l'ancien vedānta est réaliste. Il considère l'illusionnisme comme une évolution tardive. Pour le Vedānta réaliste, māyā est la force qui suscite la multiplicité. Mais la multiplicité est parfaitement réelle. C'est l'opposition entre la multiplicité des objets sensibles et la simplicité supposée du Brahman qui a sans doute conduit certains penseurs à accuser d'illusion le monde perçu.
Le concept de māyā devient négatif dans le bouddhisme mahâyâna, qui désigne māyā comme l'absence de nature propre des phénomènes, la vacuité :
Les ignorants ne comprennent pas que toutes choses sont de la nature de māyā, comme le reflet de la lune dans l'eau, qu'il n'existe pas de substance du soi qu'on puisse imaginer comme une âme dotée d'une existence propre. (Sūtra Lankavatara)
De la même façon, dans le Dzogchen, la réalité perçue est considérée comme irréelle :
Le vrai ciel sait que samsara et nirvāna sont le déploiement d'une pure illusion. (Mipham Jamyang Gyatso3, Quintessential Instructions of Mind, p. 117)
La différence essentielle avec l'hindouisme et le Vedānta est que māyā ne cache pas une réalité ultime : la vacuité est la seule réalité ultime de toute chose. Tout est nié, seule la notion de vérité demeure, avec deux types de vérités :
La première est la vérité absolue, la seconde celle de l'apparence. Destituées de la première, les choses vides d'être propre possèdent pleinement la seconde. Elles existent comme voile derrière lequel il n'y a rien, mais elles existent en tant que voile. La doctrine professée en deçà du voile affirme qu'il n'y a rien au-delà, en vérité absolue, mais professe aussi la vérité du voile en tant que tel. Selon le point de vue d'où elle envisage les choses, elle nie l'existence ou elle l'affirme. Elle se tient donc entre l'affirmation et la négation, dans une proposition moyenne d'où le nom qui le désigne couramment à côté de celui de sunyavada et qui vise précisément cette proposition : Madhyamaka, la Moyenne. (Jean Filliozat, Les philosophies de l'Inde, PUF, 1987)
Le bouddhisme originel évite les affirmations tranchées sur la réalité, à part les trois caractéristiques. Ainsi le concept de māyā n'apparaît pas dans l'école Théravada. Pour elle, le monde phénoménal n'est que le produit de facteurs transitoires et interdépendants :
Le monde existe en raison des actions causales. Toutes choses sont produites par les actions causales, tous les êtres sont régis et conditionnés par les actions causales, tout comme la roue du chariot en mouvement, fixée à l'essieu par la cheville. (Sutta-Nipata, 654)
Ne pas confondre avec Māyā, qui est le nom de la mère du Bouddha historique.
Cordialement
