Auteur Sujet: Pression sociale  (Lu 1188 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne Chris

  • pousse de bavard
  • ***
  • Messages: 77
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
    • La pilule rouge
  • Membre d'asso(s): Gaïa, Association Végétarienne de France
Pression sociale
« le: jeudi 25 août 2011, 14:32:52 pm »
J'ai récemment lu l'excellent livret "La Végéphobie ou Le rejet du végétarisme pour les animaux et la discrimination des personnes végétariennes" (http://grenier.veggiepride.fr/2011/livret_v%C3%A9g%C3%A9phobie_pour_lecture.pdf) et j'ai pu pour la première fois expérimenter une forme de pression sur moi au boulot aujourd'hui.

C'est parti du simple fait que j'ai répondu à un collègue que je ne mangeais plus de viande, ni lait ni oeufs.

"hein ?! plus de lait ?? et même pas un oeuf ?? ......... et le fromage alors ? Même pas ?" ....
Mais pourquoi ?

Je lui répond que je ne souhaite pas financer l'exploitation animale et que je pense par ailleurs que c'est bon pour la santé.

"Ah bon.... ? ..Et ben.....". Elle retourne à sa place.

10 minutes plus tard, j'entends déjà que cette collègue parle de moi à d'autres et un petit groupe de 3 personnes arrive vers moi. Et le questionnaire commence.

"Plus de fromage alors???".
-Non.
"Plus de yahourt ???".
-Non, mais je lui réponds qu'il existe des yahourts sans produit animal.
"Ah bon ??? Ca doit être dégueux dis donc !"
"Et ben...... Mon dieu...."
"C'est bizarre..."
"Mais c'est vrai que quand on voit les abattoirs, c'est moche.... Mais bon, quand je vois un bon steak dans mon assiette ! hehehe !"
"'fin moi je pourrai pas !!"

La première attaque sérieuse arrive :

"Tu auras des carences en vitamine B12, et c'est grave."
Je lui demande si il sait d'où vient la vitamine B12.
"Des animaux."
Certes, mais ils n'en produisent pas naturellement, c'est via la nourriture qu'on leur donne en réalité.
"Et donc ? Tu fais comment alors ?"
Et bien, il y a des suppléments qu'on peut prendre et on en retrouve dans certains produits végétaliens comme les laits de soja par exemple.
"Ah..... Curieux..."
Oui je suis une curiosité (sur le ton de la plaisanterie)
"Bah, tout le monde va bien finir par le savoir!"
Je ferai bientôt une conférence de presse pour l'annoncer (toujours sur le ton de la plaisanterie)

Le groupe se disperse, sceptique mais je peux déjà entendre de loin ma collègue rire tout bas avec une autre collègue en mentionnant mon prénom. Je capte notamment le mot "fromage".

Je ne me suis pas laissé déstabiliser mais c'est impressionnant comme on peut être vu comme des extra-terrestres, des animaux de cirque, juste à cause de notre régime végétalien ou végétarien.

Sinon au niveau de mon couple, je suis prié de ne plus parler de mes nouvelles valeurs. Elle trouve que je l'"étouffe" avec ça. Le débat est terminé avant d'avoir commencé et j'ai peur de lui parler de ce qui est important pour moi.  Je ressens ça comme une forme de pression pour arrêter. Je me contente en me disant qu'au moins elle a fortement réduit sa consommation de viande mais intérieurement, je souhaite évidemment qu'elle passe un jour le cap.

J'"appréhende" également le prochain repas de famille et j'anticipe déjà les idioties sur le sujet (cri de la carotte & co).

Au niveau familial, ma soeur qui est infirmière m'a déjà affirmé qu'elle ne trouverait pas normal qu'un enfant suive un régime végétalien "car il a besoin de plus que ça pour avoir un bon développement". Je lui ai répondu que ce n'était pas vrai et elle a clos le débat : "enfin bon, tu fais ce que tu veux".

Voilà pour ma petite expérience personnelle.
"Auschwitz commence lorsque quelqu'un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux." - Adorno

Hors ligne sylvestre

  • pousse de bavard
  • ***
  • Messages: 60
    • Voir le profil
    • Association Végétarienne de France
Re : Pression sociale
« Réponse #1 le: jeudi 25 août 2011, 20:51:10 pm »
Il va falloir y passer Chris... Ne jamais se mettre en colère, garder le sourire. Ca s'estompera. Un jour, un collègue viendra te demander des conseils , discrètement, pour, par exemple (vécu), son fils qui ne veut pas manger pas de viande...
 
Côté couple, il faut être patient. Dans ce forum et l'ancien j'y ai vu quelques témoignages de conjoint(e) qui ont fini par rejoindre l'autre dans le végétarisme.
Je pense que d'autres intervenants du forum dans ton cas pourront te conseiller ou raconter leur expérience.
 
Tiens bon, c'est le bon choix  :)

Hors ligne Willyne

  • Administrator
  • pipelette bien mure
  • *****
  • Messages: 898
  • Sexe: Femme
    • Voir le profil
Re : Pression sociale
« Réponse #2 le: jeudi 25 août 2011, 21:45:33 pm »
C'est un choix très courageux.... je pense que plus le temps passe, plus tu reprends de la crédibilité après avoir été dans un premier temps critiqué, mais c'est vrai, ça doit etre dur de gérer "l'effet d'annonce" au début....

Pour la question du couple, pour ma part, j'ai totalement abandonné l"idée (et très vite meme!) que mon mari me suive sur ce terrain. C'est pas un gros mangeur de viande et il ne mange pas de poisson, mais il est loin d'etre végé. Pour ça comme pour le reste, je me dis qu'on a beau etre un couple, on suit chacun notre propre chemin comme on l'entend, ce n'est pas l'essentiel qu'il "soit comme moi", à mes yeux en tous cas....

Hors ligne pimprenelle

  • fleur de loquace
  • ****
  • Messages: 265
    • Voir le profil
Re : Pression sociale
« Réponse #3 le: jeudi 25 août 2011, 21:59:20 pm »
salut
courage ! ;D
le début est le plus dur. expliquer , se justifier.... les réactions débiles, la famille perdue, mais que vais je lui cuisiner??? ...mais ça passe. Les collègues s'y font , quand cela fait longtemps après cela fait parti de toi, on te gonfle plus, ou moins. Heureusement on parle de plus en plus des méfaits de la bidoche sur la santé , la peur de la maladie des omnivores l'emporte sur le cri de la carotte et la carence bien connu en fer ou autre B12 lol
Pour la question du conjoint c est différent. je sais qu il ne sera jamais vg mais c est lui qui explique aux autres , qui évitent les mélanges de spatules ...etc. On en mange pas à la maison ,on n en parle plus, il respecte et connait les choix qui m ont conduit à cela. Il faut du temps pour gagner le respect des autres ....quant aux quelques nuls qui résistent à débiter des ******* on finit par les oublier ou apprendre à leur répondre...

Hors ligne Chris

  • pousse de bavard
  • ***
  • Messages: 77
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
    • La pilule rouge
  • Membre d'asso(s): Gaïa, Association Végétarienne de France
Re : Pression sociale
« Réponse #4 le: jeudi 25 août 2011, 22:26:18 pm »
Merci merci.

Je n'ai pas du tout été déstabilisé car je lis énormément d'articles/blogs/livres sur le sujet. Quand bien même si je l'avais été, ça m'aurait motivé à emmagasiner plus d'infos sur le sujet. Je pense qu'en se renseignant un peu plus, on peut contrer facilement tous les arguments qui nous sont présentés.

Aujourd'hui c'était ma première vraie "confrontation" je vais dire.

Mais j'imagine très bien qu'un nouveau végétalien, surtout plus jeune, peut vite se retrouver coincé et malheureusement être forcé de rejoindre la "norme" qu'on lui impose, faute d'arguments. Le doute peut vite s'installer.

Je trouve ça vraiment grave en tout cas, cette pression quasi instantanée quand on ose révéler qu'on ne mange pas de produits animaux.
"Auschwitz commence lorsque quelqu'un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux." - Adorno

Hors ligne Willyne

  • Administrator
  • pipelette bien mure
  • *****
  • Messages: 898
  • Sexe: Femme
    • Voir le profil
Re : Pression sociale
« Réponse #5 le: jeudi 25 août 2011, 22:30:51 pm »
Je crois que, bien au-delà du végéta*isme, toute annonce de changement qui nous rapproche des "marges" de la société produit ce genre d'effet. Le changement, ça fait peur, c'est bien connu... les gens réagissent juste comme des gens qui ont peur! C'est pas bien méchant, juste un peu pathétique....

Hors ligne janic

  • pipelette bien mure
  • *****
  • Messages: 395
    • Voir le profil
Re : Pression sociale
« Réponse #6 le: vendredi 26 août 2011, 09:50:05 am »
 bonjour
effectivement comme le dit Willyne, c'est les peurs qui font réagir négativement: peur de remise en question des acquis (de la culture), peur d'être différent, peur des "carences", peur d'être rejeté,etc...une fois ses propres peurs franchies, le reste est plus facile.

Hors ligne Carla

  • fleur de loquace
  • ****
  • Messages: 235
    • Voir le profil
  • Membre d'asso(s): Membre AVF - Proanima - IFAW - Brigitte Bardot
Re : Pression sociale
« Réponse #7 le: vendredi 26 août 2011, 21:47:35 pm »
Bonsoir Chris,
Lorsque j'ai lu ton témoignage, j'ai eu l'impression de lire mon parcours de végétalienne. J'ai vécu exactement les mêmes chose que toi. Les mêmes moqueries de mes collègues de travail, de ma famille et de mon compagnon. Malheureusement, je n'ai pas tenu le coup, je suis tombée en dépression nerveuse. J'ai mis un an pour m'en remettre. Maintenant tout va bien. Quand ma fille vient passer des vacances chez moi, elle devient végétalienne et reconnait que sa santé est meilleure. Plus de névralgies, une peau saine etc ... (elle est infirmière). C'est assez paradoxal. Ça fait du bien de voir que l'on est pas seul dans ce combat. Nous sommes minoritaires et je pense que nous le resterons. Je ne crois pas à un changement radical de la population.

Hors ligne girafette

  • pipelette bien mure
  • *****
  • Messages: 328
  • Sexe: Femme
    • Voir le profil
Re : Pression sociale
« Réponse #8 le: samedi 27 août 2011, 15:15:00 pm »
Je crois que les autres on vraiment bien parlé, si je peux juste t'apporter mon propre témoignage ça peut peut-être t'aider (^^).
Je suis également en couple avec un non-végé et comme cela à déjà été dit je crois que le plus important c'est que ça ne devienne pas une obsession ou que tu es une trop grande volonté à vouloir là changer car c'est très oppressant pour l'autre et si ça devient un enjeux ça peut très vite envenimer la situation. Même si évidement on souhaite tous que les gens qu'on aime suivent ce qui nous semble être juste on ne peut malheureusement pas être à l'origine d'un changement possible de leur part. Devenir végétarien ça demande généralement beaucoup d'effort et de travail sur soi, ça demande d'accepter toute la souffrance qui nous entoure, d'accepter qu'on ne puisse l'arrêter dans l’immédiat, d'accepter d'affronter les autres et de s'en prendre parfois plein la gueule. Ça remet beaucoup de chose en cause dans sa propre vie et ça demande un travail sur sa propre vision des autres et de soi-même ce qui est loin d'être facile ou évident. Si elle change ça sera par elle-même et uniquement par elle-même tu auras seulement jouer le rôle de "preuve" qu'on en meurt pas physiquement et surtout psychologiquement.
Lui parler de l'éthique que tu suis c'est oppressant pour elle, car indirectement tu lui en demande trop et c'est psychologiquement, moralement insupportable et non gérable. L'aspect rationnel des arguments et loin d'être la seule chose qui compte dans le changement de régime mais c'est avant tout un travail sur soi important. On ne se sent pas tous capable d'affronter sa propre conscience ou d'affronter les autres pour de multiple raison qui varie selon l'individu.
Dans mon cas je sais pourquoi il n'est pas végétarien, parfois quand je ne sais plus trop ou il se situe par rapport à mon engagement je lui demande ce qu'il en pense et pourquoi lui il n'est pas végétarien et ceux en toute sincérité sans attendre de réponse en particulier. Je comprend pourquoi il ne suit pas ma voie, je sais qu'il n'est pas prêt, que ça demanderait qu'il remet en cause des choses dans sa vie qu'il n'est pour le moment pas prêt à affronter, qu'il faudrait qu'il croit en lui et aux autres. Je ne parle pas d'éthique animale avec lui sauf quand j'essaie de faire le point sur ce qu'il en pense et sur là ou ça coince.
Je sais qu'il me soutient et qu'il sera toujours là pour me défendre face aux autres bien qu'il ne soit pas végétarien.
La seule chose dont je parle plus fréquemment c'est des difficultés que je peux traverser, ou de la souffrance que cela peut être. Ce sont des émotions donc je pense que c'est facile pour l'autre de comprendre et de se mettre à notre place surtout que ça ne le remet pas en cause puisqu'on parle de l'attitude des autres ou de notre difficulté à affronter certaine situation parfois.

Tu devrais peut être là laisser respirer le temps qu'elle comprenne que ton but ne soit pas de là changer, c'est oppressant et ça peut être déstabilisant pour elle, ensuite tu pourras essayer de comprendre pourquoi elle ne suit pas ta voie, si tu ne le sais pas encore et peut être que tu arriveras à accepter qu'elle ne soi pas végétarienne comme toi. Elle ne le deviendra peut être jamais, et si un jour elle le devient ça arrivera surement par surprise sans que tu ne t'en soit vraiment douter et sans que tu en sois l'origine.


Hors ligne Carla

  • fleur de loquace
  • ****
  • Messages: 235
    • Voir le profil
  • Membre d'asso(s): Membre AVF - Proanima - IFAW - Brigitte Bardot
Re : Pression sociale
« Réponse #9 le: samedi 27 août 2011, 15:57:49 pm »
Merci pour cette leçon de sagesse. En effet, je reconnais que je suis devenue extrémiste dans mon comportement. Je ne pourrais jamais comprendre les raisons de ma fille pour son non vg car elle se braque. Ce sujet est devenu tabou. Aucune discussion sereine n'est envisageable malheureusement. J'aime trop ma fille et je ne supporte pas d'être en conflit. C'est pour cela que je suis sur ce site.
J'ai un gros problème que je n'arrive pas à résoudre. Il m'est impossible d'être à table avec un omnivore. La vue de la viande ou de poisson me donne des nausées. Je suis obligée de me lever de table et d'aller aux toilettes pour vomir. J'ai voulu me faire violence récemment, j'ai accepté une invitation à déjeuner au restaurant avec des amis et dans l'assiette d'un des convives il y avait du veau. Je n'ai pas pu retenir mes larmes et mes sanglots. J'ai eu l'image du veau à l'abattoir. Un supplice pour moi et des moqueries de mes amis. J'ai le film Earthlings qui passe en boucle dans ma tête des que je vois un étal de viande. Je ne sais pas pourquoi j'en suis à ce stade ? C'est très malsain pour ma famille et pour moi.   

Hors ligne Chris

  • pousse de bavard
  • ***
  • Messages: 77
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
    • La pilule rouge
  • Membre d'asso(s): Gaïa, Association Végétarienne de France
Re : Pression sociale
« Réponse #10 le: samedi 27 août 2011, 18:53:02 pm »
Merci pour toutes ces réponses très enrichissantes.

Pour mon couple, j'ai abandonné le fait de vouloir la changer et je comprends maintenant que j'en faisais trop mais intérieurement je suis parfois en colère... J'ai du par exemple cuisiner quelque chose à base de jambon et ca a été dur pour moi.
Je vois également l'abattoir dès que je vois de la viande, contrairement à elle.

Je peux très bien comprendre que les larmes viennent, j'ai parfois moi aussi des moments où je me sens triste ne serait-ce que de penser à ça.
"Auschwitz commence lorsque quelqu'un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux." - Adorno

Hors ligne pimprenelle

  • fleur de loquace
  • ****
  • Messages: 265
    • Voir le profil
Re : Pression sociale
« Réponse #11 le: dimanche 28 août 2011, 10:23:08 am »
pour ton confort perso il faut peu a peu assoire certaines limites. Moi je refuse de cuisiner de la viande ou du poisson. Il n y en a pas dans le frigo. Mais c est aussi parce que c est moi qui cuisine que je peux maîtriser ça. Si il y a des restes de viandailles alors c est compartimenté dans le frigo. Il faut que tu arrives à etablir des trucs comme ça. Comme c est nouveau il faut y aller en douceur. Tu ne demandes pas aux autres de changer mais de trouver un terrain pour vivre ton vegetarisme le mieux possible. Tu verras en douceur tout va s'établir.

Hors ligne mango

  • fleur de loquace
  • ****
  • Messages: 166
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
Re : Pression sociale
« Réponse #12 le: dimanche 28 août 2011, 17:16:02 pm »
Bonjour Chris,

Je trouve quant à moi que les contraintes sociales sont une des choses les plus difficiles pour mener un régime végétalien. Perso, peut être parce que j'ai de bonnes relations avec mes collègues de travail, qu'il y a globalement une très bonne ambiance avec mes collègues les plus proches, et que mon boulot se passe plutôt bien (ce qui je crois aide à gagner l'estime de ses collègues), je n'ai jamais eu le sentiment d'avoir fait l'objet de vraies moqueries. Je me suis sans doute fait un peu charrier quelques fois (encore que je ne m'en souvienne pas vraiment), mais sans qu'il y ait vraiment eu une volonté de se moquer, un peu comme comme on aime parfois charrier un collègue sur n'importe quel sujet. Dans ce cas, en général, je réponds en blaguant et ça ne me vexe pas.

Ce qui me pose davantage problème en fait c'est par exemple lorsque je me retrouve avec tous mes collègues de travail pour prendre un café et que la discussion tourne sur la meilleure façon de cuisiner la viande ou les meilleures charcuteries (typique lors des premières journées d'été ou tout le monde se met à faire des barbecues) ou encore le foie gras vers Noël. Etant le seul ayant une régime quasi-végétarien à mon travail, je ne partage pas du tout les points de vue de mes autres collègues. C'est le genre de situation qui me gêne parfois vraiment au point qu'il m'est déjà arrivé de partir en plein milieu d'une discussion car je ne partageais pas du tout les opinions de  tous et qu'il me devenait insupportable de rester à écouter une discussion qui me déplaisait. Quand je suis en petit comité avec des collègues beaucoup plus proches, c'est relativement différent parce que je peux facilement donner mon avis (sans me montrer accusateur), et souvent la discussion se réoriente sur autre chose puisqu'il n'y a pas beaucoup de point de contact sur le sujet. Et étonnement, si l'on ne se montre pas accusateur avec la personne avec qui l'on parle, j'ai souvent trouvé que je pouvais discuter des problèmes qui peuvent motiver à adopter un régime végétarien (mais peut être est-ce un peu différent quand on est végétalien car on peut passer pour plus "extrême", encore qu'il me semble que c'est surtout dans la manière de dire les choses que l'on rencontrer un fort blocage)

Mais dans certaines situations on peut difficilement donner son avis ou alors vraiment au risque de casser complètement l'ambiance, surtout quand on est le seul à avoir un avis complètement contraire, et donc parfois on est obligé d'être un peu asocial.

Après le plus difficile, me semble plutôt être l'organisation "logistique" au quotidien avec des non végétaliens/végétariens qui sont quasiment toujours majoritaires, par exemple le choix d'un restaurant, les repas pris à la dernière minute avec peu de choix, un repas commandé par quelqu'un qui ne connaît pas notre régime, les buffets organisés par une société sans choix pour les VGs, etc... autant de choses qui rendent la vie professionnelle et sociale plus difficile pour les VGs. Quand on est végétarien, ça va encore mais ça me semble beaucoup plus difficile lorsqu'on est végétalien.



"je suis en faveur des droits des animaux aussi bien que des droits de l'homme, c'est la manière d'être entièrement humain" Abraham Lincoln

Hors ligne Chris

  • pousse de bavard
  • ***
  • Messages: 77
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
    • La pilule rouge
  • Membre d'asso(s): Gaïa, Association Végétarienne de France
Re : Pression sociale
« Réponse #13 le: dimanche 28 août 2011, 20:40:25 pm »
Tout à fait d'accord Chikane.

Parfois, j'appréhende de simples questions sur mon régime alimentaire car souvent, le sujet casse l'ambiance. Ou alors on répond aux bêtises par la rigolade et le sujet n'est pas pris au sérieux. C'est difficile d'en parler sérieusement sans déraper. La preuve que le végétalisme pour la question de l'éthique des animaux est toujours très dur à comprendre pour la majorité des gens.

Sinon pour mon témoignage, le repas de famille s'est bien passé. J'ai juste eu droit à deux taquineries : "Mais en fait même quand tu manges des légumes c'est pas végétalien car on utilise le purin comme engrais et ca vient des animaux hein !".

Je suis resté un peu sans voix devant cette absurdité et j'ai juste levé un sourcil :p

J'ai aussi eu droit au cri de la carotte et ma soeur n'a pas compris pourquoi j'ai refusé un morceau de gâteau d'anniversaire rempli de crème fraiche et autre joyeusetés. Mais ça s'est bien passé à part ça.

"Auschwitz commence lorsque quelqu'un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux." - Adorno

Hors ligne Carla

  • fleur de loquace
  • ****
  • Messages: 235
    • Voir le profil
  • Membre d'asso(s): Membre AVF - Proanima - IFAW - Brigitte Bardot
Re : Pression sociale
« Réponse #14 le: dimanche 28 août 2011, 21:02:56 pm »
Concernant les légumes, les végétaux en général, ma fille m'a fait exactement la même réflexion en rajoutant que les végétaux étaient vivants. Je suis restée sans voix.