Auteur Sujet: Catégorisez-vous les animaux ?  (Lu 8168 fois)

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Hors ligne Aurelien44

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Re : Catégorisez-vous les animaux ?
« Réponse #15 le: Sunday 15 June 2014, 21:04:47 PM »
Il est évident pour moi qu'il faut catégoriser les animaux... à condition de ne mettre aucune barrière absolue.

Cela vient justement de ce qu'on ne peut pas catégoriser avec des frontières infranchissables le vivant en général. Entre le monde végétal, extrêmement varié (et avec des comportements qui peuvent rappeler ceux des animaux - cf. les plantes carnivores), le monde fascinant, très riche et encore très mal connu des champignons, qui ne sont ni végétaux ni animaux, les virus, les bactéries, les acariens, les animaux au sens plus traditionnel, il y a des classifications indispensables et des barrières beaucoup plus importantes que d'autres, mais tout est imbriqué et du point de vue de l'évolution tout cela ne vient pas de mondes différents si l'on remonte assez loin.

Il est absolument normal que l'on ressente pas la même empathie et qu'on ne porte pas la même attention à un acarien, une guêpe, un poisson, un mammifère  non primate, un grand singe ou un être humain. D'ailleurs, même au sens des humains, il est normal qu'on soit beaucoup plus touché par la douleur d'un proche que celle d'une personne qu'on ne connaît pas du tout, même si l'on reconnaît que cela est purement subjectif et que tous les humains sont égaux. Pour les animaux, plus ils sont éloignés de nous, plus on a de mal à les comprendre. Les cerveaux et systèmes nerveux des grands groupes d'animaux ne sont pas tous les mêmes ; tuer un animal sans motif est toujours un acte ignoble, même si c'est un insecte (je dois dire qu'arracher gratuitement une plante ou un champignon, comme on le voit trop souvent en se promenant dans la nature, est également choquant de mon point de vue), mais je refuse de mettre sur le même plan toutes les mises à mort d'animaux, même en se limitant aux intentionnelles. Moi aussi, j'ai horreur de tuer même un moustique (ça laisse des traces de sang dégoutantes etc.), quand j'ai une de ces peu charmantes bestioles chez moi et que je peux la convaincre de sortir par la fenêtre, je préfère mille fois ça, je fais tout aussi pour éviter qu'elles ne pénètrent chez moi, mais si j'en ai un dans ma chambre au coucher que je ne peux expulser, je sais que son bourdonnement m'empêchera de dormir et qu'il viendra se repaître de mon sang et que j'en garderai des démangeaisons très sensibles pendant au moins une semaine, j'essaye donc de le tuer. Peut-être que c'est une excuse que je me donne parce que ces bestioles me gênent (et me stressent) beaucoup, mais je ne pense pas commettre un acte de même nature en tuant un insecte qui sinon viendra me piquer pour me sucer le sang (je ne tuerai jamais intentionnellement une abeille, par exemple, bien sûr) et n'a pas à ma connaissance un système nerveux de même nature qu'un vertébré (ce qui ne signifie pas qu'il ne souffre pas du tout, j'en conviens) qu'en tuant un vertébré.

Hors ligne Nico.

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Re : Catégorisez-vous les animaux ?
« Réponse #16 le: Sunday 15 June 2014, 21:52:27 PM »
Il n'est, de toute façon, pas possible de vivre sans accepter de tuer volontaire certains animaux.
Ou de faire tuer.
Ou que d'autres les tuent pour nous, et de s'en satisfaire.
Le tout est de l'éviter au maximum, mais parfois, pas le choix.
Des exemples ? Il y en a des centaines...
  • La tique que j'ai retirée ce matin de la cuisse de ma petite fille par exemple... Qui la lui aurait laissée ?
  • Le nid de frelon qui s'était installé dans la cheminée de mon gîte. Les frelons descendaient par le conduit et envahissaient la cuisine. A moins de virer des locataires (et tous ceux de l'été) et donc de les rembourser... (c'est ma source de revenu principal, quand même !) Puis de ne plus jamais accepter de locataires, car une fois là, le nid serait revenu tous les étés.
  • Les pucerons qui envahissent mes pieds de fèves, je ne me vois pas enlever à la main et les apporter chez le voisin (en friche), comme je fais pour les limaces. Et si je décide de les laisser dépérir et donc de ne pas manger mes fèves, ça veut dire que j'achèterai des légumes. Et le producteur, même en bio, aura tué ses pucerons. J'aurai donc délégué le fait de tuer.
  • Quand ma fille reviendra de l'école la tête pleine de poux, je ne me vois pas me poser la question de conscience pour savoir si oui ou non je les élimine.
Je ne vais pas continuer ainsi. C'est infini. Mais je crois que la personne qui prétend n'avoir jamais tué volontairement un seul animal et s'y refuser pour toujours n'est soit pas très réfléchie, soit pas très honnête. Y'a qu'à attendre qu'elle choppe le ver solitaire, pour voir (même si, je sais bien, on l'attrape principalement en consommant de la viande. C'était un exemple.)

Nico.