Auteur Sujet: LA GRANDE TRANSFORMATION ALIMENTAIRE MONDIALE (Davos)  (Lu 897 fois)

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LA GRANDE TRANSFORMATION ALIMENTAIRE MONDIALE (Davos)
« le: Vendredi 25 Janvier 2019, 19:33:58 pm »

Dans l’un des thèmes discutés au  « Forum Economique Mondial » (World Economic Forum) qui se tient actuellement à Davos en Suisse, il est demandé
aux peuples du monde entier -  afin de « sauver le monde »  -  de s’orienter vers  un « régime alimentaire planétaire » composé de beaucoup plus de végétaux.
En ce qui concerne les populations faisant face à une charge importante de dénutrition, et pour qui il est peut-être difficile d’obtenir des quantités suffisantes de micronutriments
à partir d’aliments d'origine seulement végétale, il est recommandé de se diriger vers un régime flexitarien plutôt que végétalien.
Et oui, tout fout le camp ma brave dame... :)


L'article en anglais : https://www.weforum.org/agenda/2019/01/why-we-all-need-to-go-on-the-planetary-health-diet-to-save-the-world/


Ci-dessous la traduction du texte


(plusieurs graphiques sont à voir sur le texte original)
 
 « Why we all need to go on the ‘planetary health diet’ to save the world »
 « Pourquoi avons-nous tous la nécessité d’aller vers le « régime de santé planétaire » pour sauver le monde »
 

 « Les régimes alimentaires vont et viennent, comme les résolutions du Nouvel An, et ont souvent peu d’impact sur notre tour de taille.

Mais une cohorte de scientifiques en a développé une qui pourrait améliorer non seulement notre santé, mais également celle de la planète Terre.
 Le «régime alimentaire planétaire», qui implique une évolution vers une alimentation à base de végétaux, a été conçu par 37 experts dans le cadre
 de la Commission EAT-Lancet pour répondre à la question de savoir comment nous allons nourrir 10 milliards de personnes, sans détruire la planète,
 d'ici 2050.

Le rapport indique: "Cela inclut une consommation d'aliments plus sains tels que les fruits, les légumes, les légumineuses et les noix, et une
 réduction de plus de 50% de la consommation mondiale d'aliments moins sains tels que les sucres ajoutés et la viande rouge."

L'étude a révélé que les «principaux avantages pour la santé» (objectif 1) de l'adoption d'un régime alimentaire sain consisterait à prévenir
 environ 11 millions de décès par an. Ce qui équivaut à 19 à 24% du nombre total de décès d'adultes.

Le deuxième objectif de la Commission EAT-Lancet est de réduire les impacts environnementaux de la production alimentaire en combinant
 « une évolution mondiale vers une alimentation saine, des pratiques de production alimentaire améliorées, et une réduction des pertes et du

gaspillage alimentaire. »
Que pouvons-nous donc manger?
Presque tous les pays devront ajuster leurs repas pour adopter ce régime alimentaire, et la Commission transmettra ses conclusions aux
 organismes mondiaux et aux gouvernements pour encourager cela.
De manière très importante, la commission recommande de passer au «flexitarisme» plutôt qu’au végétalisme, déclarant que: «De nombreuses populations continuent de faire face à une charge importante de dénutrition et il peut être difficile pour elles d’obtenir des quantités suffisantesde micronutriments à partir d’aliments d'origine seulement végétale.
"Compte tenu de ces considérations, le rôle des aliments de source animale dans l’alimentation des populations doit être examiné avec soin
 dans chaque contexte et dans le cadre des réalités locales et régionales."

Comme le montre le graphique ci-dessous, la principale modification apportée à de nombreux régimes occidentaux réside dans la consommation
 de viande rouge, qui ne doit pas être plus que 14 g par jour (et seulement 30 calories), ce qui équivaut à environ une bouchée d'un steak typique.

Les légumes féculents, y compris les pommes de terre et le manioc, aliment de base dans les pays africains, sont limités à 50 g par jour, tandis
 que le poisson, qui représente une part importante des régimes japonais et des autres régimes de l’est-asiatique est limité à 28 g par jour.

Au lieu de viande rouge, les protéines devraient provenir de la consommation de plus de légumineuses (75 g par jour), telles que les pois chiches
 et les lentilles. Les légumes devraient constituer la plus grande partie de nos repas (300 g par jour), les graisses saturées, telles que les huiles,
 constituant la portion la plus faible (seulement 11,8 g).

La majorité de notre apport calorique quotidien proviendrait de grains entiers (232 g, 811 kcal), tandis que les sucres ajoutés ne devraient nous
 donner que 120 calories par jour, avec un apport maximal de 31 g - soit environ huit cuillerées à thé de sucre.

David Yeung, cofondateur et PDG du mouvement social à base de plantes « Green Monday » (Lundi Vert)  et l'un des entrepreneurs sociaux du
 Forum Economique Mondial 2018, a déclaré que cette alimentation serait réalisable si les gens commençaient par de petites étapes: "Tout le
 monde peut devenir flexitarien en choisissant simplement de réduire la viande et de passer au vert pendant un jour, deux jours, ou cinq jours, à
 sa convenance."
 
 Un problème alimentaire mondial

Ce rapport intervient deux semaines après la publication par le Forum Economique Mondial de son Livre Blanc sur les protéines alternatives, dans
 le cadre de la série de dialogues intitulée « Meat: the Future » (Viande: le Futur) , qui montrait qu'équilibrer la consommation de viande avec des
 sources alternatives de protéines pouvait avoir de multiples avantages pour la santé et l'environnement.

Lisa Sweet, responsable de la stratégie commerciale et de la mobilisation au Forum Economique Mondial, a déclaré: «La transformation du système
 alimentaire et des modes de consommation visant à fournir des protéines saines et durables à une population croissante nécessitera trois mesures:
 définir les protéines alternatives, améliorer la production actuelle de viande, inciter et permettre le changement de comportement des
 consommateurs.

"Pour que la transformation diététique ait lieu, des partenariats et des efforts multipartites seront essentiels pour façonner des textes communs
 fondés sur des preuves scientifiques et présentés de manière à correspondre aux aspirations des peuples d’être encouragés à l'adoption d'alternatives."

Sean de Cleene, responsable du « Futur de l'Alimentation » du Forum, a ajouté: "Nourrir de manière durable 9,8 milliards de personnes d'ici 2050
 constitue un défi immédiat pour le système alimentaire mondial. Cela nécessitera un changement radical dans l'innovation et un degré de
 coopération sans précédent pour faire évoluer la production , les chaînes de valeur, les systèmes de marché, la technologie et la nature de la
 demande des consommateurs – depuis le local jusqu’au mondial. "

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, 2,8 millions de personnes par an meurent de surpoids ou d'obésité dans le monde.
Le rapport EAT-Lancet indique que: « Les régimes alimentaires malsains présentent désormais un risque plus élevé de morbidité et de mortalité
que les rapports sexuels non protégés, l'alcool, les drogues et le tabac, combinés ».
 
 La population mondiale s'élève actuellement à 7,7 milliards et l'ONU s'attend à ce que ce chiffre atteigne 9,8 milliards en 2050, ce qui signifie plus
 de bouches à nourrir - avec plus d'eau nécessaire à la production alimentaire, ainsi que davantage de gaz à effet de serre nocifs.

En bref, il est insoutenable pour le monde de répondre à la demande actuelle de certains aliments.
Le rapport EAT-Lancet mesure le "fossé qui se situe entre les habitudes alimentaires et les apports alimentaires recommandés dans le régime
 alimentaire de santé planétaire".  Au niveau mondial, cet écart de régime est de 288% pour la viande rouge - il atteint 638% en Amérique du Nord.
 Pour les végétaux féculents en Afrique subsaharienne, l’écart est de 729%.
 
Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, les émissions de gaz dus à l'élevage mondial représentent 14,5% des gaz
 à effet de serre anthropiques (provenant de l'activité humaine
), et le graphique de la Banque Mondiale ci-dessus montre qu'en 2014 
 70% des prélèvements d'eau douce ont été utilisés pour l'agriculture - prévision encore augmentée de 15% d’ici 2050.

Pour résoudre ces problèmes et aider le monde à atteindre l'objectif de l'Accord de Paris visant à maintenir le réchauffement de la planète en
 dessous de 2°C d'ici 2050, la Commission EAT-Lancet propose 5  «stratégies pour une grande transformation alimentaire» :


1. Rechercher un engagement international et national pour s'orienter vers une alimentation saine ;
2. Réorienter les priorités agricoles depuis la production de grandes quantités d'aliments vers la production d'aliments sains ;
3. Intensifier la production alimentaire de haute qualité ;
4. Une gestion solide et coordonnée des terres et des océans ;
5. Réduire au moins de moitié les pertes et les gâchis alimentaires, conformément aux objectifs du développement durable des Nations Unies.
Comme le conclut la Commission, pour «préserver les systèmes et les processus naturels dont dépend l'Humanité», il y a la nécessité d’une
 coopération accrue entre tous les secteurs pour mettre en œuvre une «Grande Transformation Alimentaire».