Auteur Sujet: La réalité dure à encaisser  (Lu 1365 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne Elthir

  • Petite graine discrète
  • *
  • Messages: 2
  • Sexe: Femme
    • Voir le profil
  • Régime: Végétalien
La réalité dure à encaisser
« le: Samedi 14 Décembre 2019, 13:26:23 pm »


Tout à commencer lorsque j'avais 7-8ans, c'était la première fois que j'entendais parler du végétarisme. Ça passait à la télévision, j'entendais des témoignages du genre "J'aime les animaux, alors je ne les mange pas", j'ai toujours adoré les animaux alors ce discours avait du sens pour moi et je commençait à regarder le poulet dans mon assiette d'une autre manière, je me disais qu'ils n'avaient pas tord. Puis ma mère a commencé à s'exclamer:"Ils sont fous c'est vraiment ridicule! Je ne vais pas écoutez des idioties pareilles", alors je me suis dis que je devais être vraiment stupide d'avoir pensé une seconde que "ces gens" avaient peut-être raison, ma mère à très certainement raison.

Et puis j'ai continué selon cette logique pendant presque 10 ans, je respectais les végétariens et les vegans mais je me disais qu'ils en faisaient trop. En entrant au lycée j'ai rencontré de nouvelles personnes dont des végétariens et des vegans, c'était la premières fois que j'en côtoyais. Mes préjugés commençaient petit à petit à s'effacer et au milieu de ma terminale j'ai décidé de réduire ma consommation de viande et de devenir ce que beaucoup appelle flexitariens. Je me faisais toute une idée du végétarisme, j'imaginais ça comme quelque chose d'extraordinaire que seul quelques privilégiés pouvaient réussir à accomplir, c'était comme passer un nouveau cap ,adopter une nouvelle religion ou même entrer dans une secte. Mais en fait pas du tout, j'arrêtais juste de manger de la viande et du poisson, c'est aussi bête que ça , c'était juste un aliment parmi d'autre et ça ne me manquait pas spécialement, je continuais d'en manger parfois à une fréquence de deux fois par semaine.

Ce qui m'a fait "sauter le pas" de devenir végétarienne ce n'est pas les arguments des végétariens, ni les vidéos des abattoirs (que je n'avais d'ailleurs pas regardé), ni les avertissements des scientifiques... c'est un anime. Je sais c'est surprenant, j'ai toujours adoré les mangas, et j'avais décidé d'en commencer un autre, un très connu, "Attack on Titan". Je n'avais jamais regardé d'anime de ce genre, j'étais habituée à ce qu'il n'y ai jamais de morts et à ce que les blessures ressemblent à des gribouillis sur la peaux des personnages sans aucune goutte de sang. Et si jamais il y avait un mort (ce qui arrivait très rarement), c'était tout un épisode (voir plusieurs) qui était consacré au personnage mort (qui très souvent ressuscitait). J'ai donc regardé le premier épisode d'AOT. C'était le choc, du sang partout, des morts brutales et surtout cette sensation d'horreur et de désespoir. Pendant un bref instant j'ai ressentit ce qu'on pouvait ressentir lorsqu'on est enfermé tel du bétail et que des êtres que tu ne peux pas battre arrivent pour te manger. C'était une horrible sensation, le pire était que j'étais en train de manger une pizza (non végé), le morceau de pizza m'a échappé de la main, je ne l'ai pas retouché. Quand l'épisode était finit j'ai pris quelques minutes pour réfléchir à ce que je venais de ressentir, et j'ai décider de regarder une vidéo d'abattoir. J'étais comme tout le monde, je savais ce qu'il se passait la-bas mais je n'avais pas envie de le voir. Mais après avoir vu AOT ça me semblait moins effrayant. Donc j'ai regarder une vidéo, et mes pensées étaient confirmées, j'avais alors pris la décision que j'y toucherais plus du tout à la viande. Et c'est ce que j'ai fais.

 Au début c'était totalement une question de respect des animaux, je voyais les abattoirs comme des camps de concentration (et dieu sait que j'ai énormément étudié les pratiques nazis pendant le lycée donc je sais comment ça se passait). Je ne le disais à personne que je ne mangeais plus de viande. Je refusais juste la viande sans rien dire d'autre. Quand j'ai commencé mes études supérieures, les personnes que j'avais rencontré avaient remarqué que je ne mangeais jamais de viande , ils m'avaient demandé si j'étais végétarienne. À ce moment là je ne savais pas trop quoi répondre, j'avais comme une sensation de honte, honte d'être végétarienne c'est bizarre non? Végétarien..."ces extrémistes" comme aimait dire ma mère. J'ai juste répondu que j'évitais d'en manger,et ça n'a absolument rien changé à nos relations.

Quelques mois plus tard c'est là que les "choses sérieuses" ont commencés. J'ai vu l'interview d'Aurélien Barrau par hasard sur Youtube (thinkerview). Je n'avais jamais été aussi en accord avec les paroles de quelqu'un, j'ai alors commencé à sérieusement m’intéresser à l'écologie, et après quelques semaines j'ai regardé COWSPIRACY...c'était comme si on avait percé ma petite bulle d'illusion. Je pensais que l'humanité était en danger et qu'avec les bons gestes c'était réglé. Mais c'est pire, en regardant cette enquête j'ai découvert que le monde qui m'entourait était corrompu à un point que je n'imaginais pas. Depuis tout ce temps je vivais dans une dystopie sans le savoir. Même les associations écologistes nous cache la vérité, ils ont peur de la dire cette vérité qui déplaît tant au système.

Le système...il contrôle tout, tout le monde. Il nous enferme dans une bulle de confort et nous regarde nous auto-détruire pour le bien de la croissance économique. Vous savez quelle est la solution pour lutter contre le réchauffement climatique, contre "l'effondrement"? Réduire le plastique? Limiter les voitures? Pratiquer l'agriculture biologique? Oui c'est vrai que ça aiderait. Mais le problème numéro un responsable de 50% des émissions de gaz à effet de serre, de la déforestation, de l'extinction des espèces, de l'occupation de 45% de l'espace planétaire, c'est la consommation de viande. C'est l'élevage, c'est LE problème, et pourtant on en entend presque jamais parler. On entend des "réduisez votre production de déchets" mais jamais de "arrêtez de manger de la viande". Parce qu'en réalité c'est ça le réel problème c'est la viande. Avant je me disais que si tout le monde devenait flexitariens ça suffirait. Mais non, pour s'en sortir tout le monde doit devenir vegan. Je me dis juste... impossible. Les gens sont trop attaché à leur steak pour ne serait-ce que prendre en considération ces avertissements. J'ai même vu des gens créer des pétitions pour interdire le véganisme. J'ai compris pourquoi certains vegans usent de la violence, j'ai compris leur sentiment de frustration. Tu as juste l'impression d'être le personnage principal d'un film d'horreur, de voir le monstre et d'essayer de prévenir tout le monde mais que personne ne te crois. C'est extrêmement frustrant, j'avais des rêves, je fais des études mais maintenant je me demande juste si tout ça en vaut vraiment la peine, est-ce que j'aurais l'occasion de vivre? Avec ces humains c'est impossible, on va tous mourir , c'est la fin. Je suis en train d'entrer petit à petit dans une petit dépression.

C'est bientôt Noël et pourtant c'est vraiment le dernier de mes soucis, je m'en fiche totalement , avant , Noël c'était LA fête, j'attendais toujours ça avec impatience. Maintenant je n'ai même pas envie de le fêter, je vais devoir supporter tous les jugements de ma famille parce que je ne mange pas de viande et les regarder manger cette horreur qu'est le fois gras. Joyeux Noël!

COWSPIRACY disponible sur Netflix et Youtube (si vous voulez voir la vérité)
https://www.cowspiracy.com/

Hors ligne tixelauren

  • germe timide
  • **
  • Messages: 41
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
  • Département: 80 Somme
  • Membre d'asso(s): Pro Anima
  • Régime: Végétalien
Re : La réalité dure à encaisser
« Réponse #1 le: Samedi 14 Décembre 2019, 18:54:12 pm »
Bonsoir à tous,
en fait Elthir, tu es une Cassandre. Moi, j'ai arrêté de prévenir. Impossible de changer les autres, souvent -pas toujours.
Je te conseille d'aller plus loin, car ce n'est pas seulement l'élevage intensif qui pose problème... C'est le système ! Plutôt que déprimer sur un monde qui va à vau-l'eau (avant l'effondrement inévitable - et tu as très bien dit pourquoi), choisis l'autonomie. Soit la déconnexion du matérialisme ambiant.
Par exemple, l'alimentation : faire un potager, un verger. Je pourrais parler aussi de l'eau, de l'électricité, etc.
A condition de pouvoir compléter (en partie) par de l'entraide, garante de notre appartenance à l'espèce humaine (animal social, comme chacun sait).
L'avantage de cette 'mise à l'écart' est de redevenir disponible à ce que nous sommes. Car le veganisme est une ancre qui nous lie à une nouvelle façon  d'aborder le Vivant. Soit une philosophie qui nous remet dans la Nature ; et fait tomber cette arrogance qui nous plaçait au-dessus d'elle. Une aberration !
Approfondir notre connaissance de la Vie.
Car le spectacle de nos congénères, souvent soucieux de consommer avant tout, ne peut plus être un modèle, une source d'inspiration. Ne gâchons pas cette opportunité que constitue la possibilité de sortir de la société de consommation et de trouver notre place dans la nature.
Pour conclure : le monde est désespérant ; mais nous, qui avons mal à ce monde, nous devons rester joyeux, pour pouvoir capter l'harmonie et l'amour qui existent AUSSI dans ce monde.
Laurent

Hors ligne Elthir

  • Petite graine discrète
  • *
  • Messages: 2
  • Sexe: Femme
    • Voir le profil
  • Régime: Végétalien
Re : La réalité dure à encaisser
« Réponse #2 le: Lundi 16 Décembre 2019, 20:35:59 pm »
Merci de ta réponse, au bout de quelques jours ça va un peu mieux l'information est difficile à digérer. J'ai regardé quelques autres enquêtes en faveur du véganisme mais en contre partie j'ai regarder également quelques vidéos et avis en défaveur du véganisme. Outre la question de l'immense impact sur la planète que génère la consommation de viande la plupart des anti-vegan parlent plus du côté éthique et santé. D'un côté j'entends que manger des produits d'origine animale amène plus de mal que de bien au corps humain et donc que s'en passer est évident. Tout peut se trouver dans une alimentation vegan (sauf la B12) sans aucun impact négatif sur le corps et sans carence (si le régime est bien fait (comme le régime omnivore d'ailleurs)). Et d'un autre côté j'entends des "l'homme à besoin de viande c'est dans sa nature", "sans viande on a plein de carences", "c'est difficile de trouver les protéines". C'est comme pour le gavage, j'y suis totalement opposé mais pourtant je vois des tas de youtubeurs comme "PasVegan" qui démonte un à un les arguments vegans (plus on moins bien) en ramenant des vétos qui vont te dire que les oies ne souffrent pas pendant le gavage, que les vegans ne veulent jamais rien écouter etc. Et d'autres qui se revendique carnivore quitte a manger des lapins entiers (juste le lapin mort avec la peau et tout..) en pleine rue pour montrer qu'ils sont fiers de manger de la viande. Ceux qui rigolent en disant "le foie gras c'est trop bon j'ai vu les vidéos mais je m'en fou". Et sans parler de toutes les insultes que se payent les vegans, "les chieurs","allez manger vos salades","fascistes" et les fameux "extrémiste". Honnêtement tout ça me perturbe, je suis loin d'être indépendante et avant de penser à quelle genre de vie je vais mener, si je vais essayer d'être autonome ou pas etc; j'aimerais savoir dans quoi je m'embarque. Est-ce que ces gens (les carnistes) ont raisons? Est-ce que comme le disent certains le véganisme va bientôt disparaître comme une mode passagère? Je ne suis pas convaincu par les arguments anti-vegan , la plupart sont accompagnés de violence et d'insultes et franchement c'est pas ça qui va m'attirer. Je ne vais pas essayer de les convaincre loin de là , j'ai envie d'avancer avec ceux qui ont envie d'avancer. Le problème c'est est-ce qu'il y en aura toujours? Est-ce que c'est durable? Si je compare cette situation à Matrix, ne serait-il pas mieux de tout oublier et de prendre la pilule bleue? Je n'ai pas envie, mais je n'ai pas non plus envie de me faire insulter de tous les côtés et de voir toutes ces personnes qui agissent en totale contradiction avec mes valeurs, tout ça me fait mal au cœur.

Hors ligne tixelauren

  • germe timide
  • **
  • Messages: 41
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
  • Département: 80 Somme
  • Membre d'asso(s): Pro Anima
  • Régime: Végétalien
Re : La réalité dure à encaisser
« Réponse #3 le: Lundi 16 Décembre 2019, 21:38:06 pm »
Bonsoir Elthir,
je te sens fébrile. Je ne connais pas ton âge, mais je pense que  tu dois choisir, à terme. Il y va du sens que tu veux donner à ta vie. Dis-toi que ce ne sont pas les autres qui vont 'te réaliser'. C'est toi ! Que tu doutes, pourquoi pas; personnellement, j'ai mis 15 ans à accomplir ma 'conversion' végétalienne. Car j'adore la viande et ses dérivés. Mais voilà, j'ai fait le choix de taire mes envies car je ne pouvais plus accepter les horreurs de l'élevage industriel.
Qu'importe ce qu'en pensent les autres ! Je vis dans une région qui n'évolue plus depuis la deuxième moitié du XXème siècle, quand la consommation de viande montait en flèche et était obligatoire à chaque repas. Pas un repas sans viande et dérivés. Et même les scandales sanitaires n'y ont rien changé ; les hypocondriaques restent accros à la 'bidoche', dussent-ils en crever ! C'est pour ça que je disais qu'il faut abandonner l'idée de les changer. Ils sont shootés à la consommation, et pas seulement de la viande.
Franchement, tu crains d'avoir tort d'être vegan ? As-tu oublié que la viande, pleine d'additifs, d'antibiotiques, etc. est nocive pour la santé ?
Et surtout, as-tu oublié la souffrance animale, les modifications monstrueuses que l'on fait subir au Vivant (pas seulement animal) ??
Je te conseille d'éviter de leur parler ; un jour, le mari de la famille qui m'a accueilli enfant m'a dit : "je ne comprends pas qu'on ne mange pas de viande". Je n'ai même pas répondu. A quoi bon ? Je préfère échanger avec ceux qui ont "du cœur". Car je veux continuer d'évoluer vers plus d'harmonie et d'amour envers le Vivant.
C'est ça l'essentiel : aller vers ce qui vous fait vibrer, en évitant les plaisirs communs. Bien sûr que la viande c'est délicieux, mais l'amour n'est-ce pas supérieur en termes de ressentis ?? Car en plus du goût, il vous offre les autres sens à explorer.
Oublie omnivorisme, laisse-toi porter vers des cieux plus doux.
Laurent

Hors ligne FobaBett

  • Administrator
  • source intarissable
  • ******
  • Messages: 1 709
    • Adhérent AVF adhérent
    • Voir le profil
  • Régime: Ovo-Lacto-Végétarien
Re : Re : La réalité dure à encaisser
« Réponse #4 le: Mardi 17 Décembre 2019, 10:01:20 am »
Hello,
Bienvenue ici

Est-ce que ces gens (les carnistes) ont raisons?

Difficile question - évidement, en tant que végétarien plus ou moins en route vers le véganisme, je vais te dire : non, ils ont tort !
Hé, hé, hé.
C'est la magie d'internet : on peut lire tout et son contraire.
A toi de te faire ta propre opinion. A toi d'essayer de filtrer ce qui te paraît une argumentation solide d'une fake news - c'est difficile, mais c'est indispensable.
Tout ce que je peux te dire, c'est que je suis VG depuis bientôt 8 ans et que tout va bien : physiquement, je me sens même plus en forme qu'avant, je n'ai ni pris, ni perdu du poids ou de la masse musculaire et toutes les analyses que j'ai pu faire sur ces huit ans (dont deux analyses de sang complètes pour rassurer ma famille) montrent que je n'ai aucune carence (et un cholestérol plutôt au top de ce qu'il faut avoir)

Quant aux arguments des carnistes, en gros on a quoi comme catégories ?
Les carences ? Aucune carence dans un régime VG bien mené - de même que pleins de carences dans un régime omni mal mené - pour moi, la carence est un problème d'équilibre alimentaire, pas de produit carné ou pas dans l'alimentation (même l'OMS le reconnaît, je crois, sans parler de l'assossiaction de je ne sais plus combien de milliers de diététiciens et nutritionnistes américains). Et pour l'instant, jamais vu de vraie démonstration du contraire.
La tradition, le "on a toujours fait comme ça", "l'homme est un omnivore" - pour moi, ce n'est pas un argument - l'homme est doté d'un cerveau, autant s'en servir et comprendre qu'une tradition n'est pas bonne parce que c'est une tradition : si les choses qu'on faisaient jusque là s'avèrent, à la réflexion, mauvaises et bah on les abandonne, voilà.
L'animal ne ressent rien - ouais, ça c'est un argument qui date et qui a été de multiples fois démontré comme complètement faux, faudrait évoluer un peu quand même...


Est-ce que comme le disent certains le véganisme va bientôt disparaître comme une mode passagère?

Je ne pense pas - je pense qu'une certaine re-végétalisation de l'alimentation est dans le sens de l'histoire et que ça fait partie de la solution à la course effrénée vers la fin de l'espèce humaine.
Toute l'humanité végane un jour ?
J'aimerais y croire, mais bon...
C'est comme l'humanité entièrement non violente.
Bref.
Mode ou pas, peu importe, non ?
Si tu deviens VG par conviction, quelle importance d'être "à la mode" ou pas ?
gnature, gnature, gnature, gnature, gnature, gnature