Auteur Sujet: Changer de taf  (Lu 3618 fois)

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Hors ligne vegspirit

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Changer de taf
« le: Sunday 08 January 2012, 16:44:58 PM »
Bonjour,

Avez vous à vivre cela ou l'avez vous vécu.
En ce moment c'est le bourbier dans ma gaboche, en effet mon taf je n'y trouve plus gout, ambiance malsaine et ça va pas s'arranger ( reste encore quelques collègues cool tout de même ), et mon métier en lui même c'est à dire sorti du contexte de ma boite actuelle je n'y vois plus de motivation.
J'ai suivi un bilan de compétence qui s'est révélé nul, j'entends par là que j'ai rien appris j'ai juste perdu mon temps.

Ayant plus de quarante balais j'avoue m'interroger énormément et je ne vois pas de voie à mes attentes, en effet l'idéal serait, comme bcp, de trouver un job en accord avec ses convictions mais c'est d'un compliqué ..... je n'ai pas de piste aujourd'hui et je sais qu'à mon taf cela ne va pas aller en s'arrangeant pour diverses raisons.

Avez vous déjà été confronté à cela ?
« On n'a pas deux cœurs, l'un pour l'homme, l'autre pour l'animal… On a du cœur ou on n'en a pas ».

Hors ligne girafette

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Re : Changer de taf
« Réponse #1 le: Sunday 08 January 2012, 22:00:45 PM »
Coucou vegspirit,

Je n'ai pas une expérience propre sur ce sujet (étant donné que je suis toujours des études),
mais je peux te raconter celle de mon compagnon, même si ce n'est pas tout à fait le même contexte,
ça pourrais t'être utile si tu souhaites changer de taf.

    Mon compagnon a travaillé longtemps dans une usine, il était opérateur sur machine (tourneur)
puis un jour l'usine a délocalisé et il a été licencié économique comme tous les autres.
Il n'a pas voulu refaire ce travail qui n'avait aucun sens, qui le déprimait, et qui lui pourrissait la santé au passage,
sans oublié la super ambiance bien entendu. Il avait une formation de mécano-électricien, mais ce n'était pas non plus
sa vocation et sa daté. Il a eu droit au chômage pendant deux ans et demi durant laquelle il a suivi une formation de six mois
pour devenir infographiste (une passion qu'il s'est découvert après son licenciement) et où il a continué
en autodidacte en même temps qu'il cherchait du travail dans cette branche.
Mais malheureusement il ne "correspondait pas à la personne recherché" (et ne correspond toujours pas, voire toujours moins), c'est-à-dire: il n'avait pas (et il n'a toujours pas) de diplôme BAC+3, ni d'expérience (parfois 5 ans demandée), ni moins de 25 ans. Peu importe ses compétences réelles.
Il a beaucoup postulé, et il postule toujours mais le plus souvent il n'a tout simplement pas de réponse, ou des "on vous rappellera" (mais bon faut déjà obtenir un entretien pour ça).
Il a d'abord cherché dans le nord (première année), puis en Savoie (voire Rhône Alpes) quand il m'a rejoins et à Bruxelles durant un mois (comme j'y fais mes études).  Il vie donc chez moi (mes parents...oui personne n'accepte de donner un appart à un chômeur, et après on en a plus les moyens de toute façon)
et cherche du boulot depuis quatre ans et il n'a toujours rien trouvé (et ça s'annonce pas en s'améliorant).
Il aurait aimé faire d'autres formations complémentaires ou dans des domaines plus porteur ou ouvert qui lui plairait aussi,
mais l'ANPE-ASSEDIC ne fournissent plus aucune formation depuis longtemps (sauf aux jeunes de moins de 25 ans). La première qu'il a eu est la seule et unique au quelle il a eu droit. Ils ne fournissent pas non plus d'emploi, ou un de temps en temps qui ne correspondra pas à vos compétences, qui sera pour une durée limité et qui sera donné à mille autres personnes (plus qualifié et plus jeune au passage pour certain d'entre eux).
Pour les formations, les conditions pour y avoir accès sont tout simplement impossible (avoir un contrat de travail de 6 mois dans le domaine, pour suivre la formation en alternance en quelque sorte).
Il a cherché dans d'autre domaine comme la vente, mais ce n'est pas concluant non plus, il a trouvé quelques rares contrats d'un mois.
Dans les agences intérim il n'y a que des petits boulots de quelques heures le plus souvent et en usine (ce qu'il ne veut plus jamais faire de sa vie pour des raisons de survie psychologique principalement). Depuis trois ans il touche l'ASS (moins de la moitié d'un smic), il a trouvé parfois des petits boulots chez des particuliers (connaissance, réseau sociale) pour des affiches, des cartes de visite, ou de la peinture, du bricolage, jardinage. Mais très peu au final.
Je ne te cache pas que c'est vraiment dur pour lui (et pour moi de me sentir aussi impuissante). Il essaie de s'investir dans ses passions comme la photo animalière (oiseaux) où il cherche le moyen de faire des expositions (mais ça coute chère d'imprimer), ou encore les minéraux (chasse aux cailloux en montagne), ou bien le décorticage et réparation de montre à gousset. Bref il essaie d'occuper son temps par tout les moyens pour ne pas devenir fou de ne pas avoir de travail, et pour y penser le moins souvent même si la réalité est toujours présente.

Voilà c'était un résumé (un peu long, désolé), un témoignage, je ne sais pas si ça sera bien utile.
Tout ce que je peux dire c'est qu'il faut avoir de bonne ressources (financière, sociale, et psychologique) et bien gérer son coup (ce que lui n'a pas pu faire).
Ne pas (trop ?) espérer trouver dans un domaine où on n'a pas de formations, de diplômes, pas d'expérience et en plus pas moins de 25 ans (comme si la vie s'arrêtait c'est profondément injuste et stupide). Ça demande beaucoup de sacrifice et avoir un soutient social s'avère nécessaire (le jugement des autres peut être impitoyable au passage). Ça peut prendre du temps (indéterminé dans le cas de mon compagnon), et du temps pendant lequel les ressources financières s'amenuisent rapidement (il n'y a pas de droit à l'erreur sur l'investissement fait) et où on ne cotise pas pour la retraite (mais bon vu comment ça se profile même pour ceux qui travail c'est pas gagné). Pour les soins de santé ça peut devenir problématique (pour les soins dentaires et les lunettes principalement) si vous gagnez "trop" (en réalité ridiculement) pour ne pas avoir la CMU. Une voiture devient un poids (réparation impossible à payer entre autre) énorme en même temps que c'est une nécessité pour trouver un travail (et y aller par la même occasion ce que ne permettent pas toujours les transports en commun, sans oublier qu'on ne peut pas compté dessus).
Psychologiquement c'est très dur, surtout dans une société où une des valeurs principale est le TRAVAIL (à tout prix).
Il faut vraiment bien gérer son coup, mon compagnon a croisé certaines personnes dans les multiples sessions "apprendre à faire un CV et une lettre de motivation" qui était parfois dans une situation vraiment difficile suite à des prêts pour suivre des formations (ex: décoratrice d'intérieure) et qui n'ont rien trouvés et se sont retrouvés avec des dettes en plus.
Je sais que ça fait très noire comme tableau, mais je préfère le dire quand même, parce que malheureusement c'est une réalité.
Ça ne veut pas dire que personne n'y arrive mais ce n'est pas évident selon ce qu'on choisi de faire.

Je peux te conseiller un livre de Marwan Mahammad "FoulExpress", c'est un ancien trader qui a décidé d'arrêter ce travail
et qui explique (surtout) pourquoi (pas de sens, raison morale...) mais aussi comment. Il encourage les gens à suivre sa voie
principalement pour ceux qui ont un travail "inhumain" dans toutes ces formes.
Mais aussi pour ceux qui ne trouve plus de sens dans ce qu'il font en générale.
Le livre se lit très bien, il est plein d'humour, j'ai personnellement beaucoup aimé.
Il explique son parcours professionnel, ce qui l'a poussé à faire ce boulot, comme ça se passait, et comment au fur et à mesure
il a eu des déclics jusqu'à ce qu'il décide d'arrêter et de changer de travail.

Pour ce qui concerne mon compagnon, son licenciement a été certes une épreuve difficile,
un "coup dur" mais je crois que ce fut surtout une libération. Au final je crois que c'est plus un bien qu'une mal
même si sa situation actuelle est plus que "délicate".

Je te souhaites beaucoup de courage et de persévérance.

Hors ligne Nico.

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Re : Re : Changer de taf
« Réponse #2 le: Monday 09 January 2012, 16:07:44 PM »
Et j'ai gardé un travail salarié (pour la sécu) à temps très partiel (25 heures par semaine).
Oups...
25 heures par mois, pas par semaine ! Soit entre 1/2 et 1 journée par semaine. C'est vraiment très partiel, mon travail !

Hors ligne vegspirit

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Re : Changer de taf
« Réponse #3 le: Monday 09 January 2012, 16:35:56 PM »
Merci de vos réponses.
Je pense effectivement que c'est très complexe surtout que je n'ai pas de domeine de prédilection et que je stagne dans mon domaine et je n'ai plus 25 ans ....

De plus avec l'état de la société aujourd'hui les employeurs ( au moins les miens ) mettent une pression supérieure en se disant que de toute manière on ne quittera pas la boite car à l'extérieur c'est la galère ... ils n'ont pas tort mais je ne préfère même pas commenté ces méthodes.

Le pb de tout ça c'est que ça bousille votre vie extra-profesionnelle, comme si y'avais besoin de ça !!!

L'histoire que tu racontes girafette est vraiment noire mais comme tu le dis .... c'est réelle, on a trop tendance aussi à se dire "de toute manière je trouverais bien quelque chose" mais dans la vraie vie, qd on est confronté à ça on peut déchanté.

Pour Nico ça semble se passer mieux, dans la simplicité volontaire et tant mieux pour vous de vivre ça de cette façon.

Il y a toutefois ce satané besoin  financier qui gache bcp de chose, j'entends par là que bcp de personne pourrait faire ce qu'elles ont envie d faire si y'avais pas ça en priorité .... belle société  >:(

« On n'a pas deux cœurs, l'un pour l'homme, l'autre pour l'animal… On a du cœur ou on n'en a pas ».