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Sujets - titi letiti

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Se présenter / Fier de vous rejoindre.
« le: Dimanche 15 Mai 2016, 13:48:51 pm »
Bonjour à toutes et à tous,

Avant toute chose, un grand merci aux personnes à l’initiative de ce site et donc de ce forum. Il s’agit là d’un travail remarquable, d’une aide précieuse pour la défense de cette cause qui nous anime tous aujourd’hui. Au delà du champ des possibles qu’il ouvre d’un point de vue logistique, il permet à chacun d’entre nous de se sentir moins seul. Un grand merci aussi à chacun d’entre vous, qui de par vos parcours respectifs et vos expériences passées, ont contribué à ce que la poursuite de cet idéal soit à l’instant où vous lisez ces lignes encore et plus que jamais d’actualité. C’est d’ailleurs précisément parce que la cause que nous défendons dépasse toutes les considérations matérielles classiques que l’énergie qui transcende chacun des défenseurs de toute forme de Vie se montre à ce point tenace et inépuisable. Parce que nous savons notre cause juste, rien ne saurait entraver cet élan qui est le notre.

Voici donc comme cela semble être d’usage en quelques lignes les tenants et les aboutissants du parcours m’ayant mené jusqu’à vous ce jour:

Elevé au sein d’une famille consommatrice de viande, mon tout premier souvenir lié à la souffrance animale fût la vision d’images provenant d’une corrida. Agé d’environ 4 ans, je me souviens avoir pleuré en voyant le taureau ainsi malmené. Je me rappelle aussi la réaction de ma mère m’intimant de cesser de geindre, puisque je cite « c’était ainsi ».

J’ai toujours eu le souvenir d’avoir aimé les animaux à mon contact direct (chiens, chats, etc.), tout comme je me suis toujours senti particulièrement sensible à la souffrance de l’être humain en général (ancien Pompier de Paris, j’ai aussi été bénévole dans une association s’occupant d’handicapés mentaux et physiques)

Avec un peu de recul, je m’aperçois avoir toujours eu à l’esprit cette étrange impression que quelque chose dans mon existence ne tournait pas rond, sans pouvoir identifier précisément ce dont il était question.

Une rencontre à venir allait sous peu participer à m’ouvrir (doucement) les yeux sur cette incohérence profonde.

Des années plus tard, lors d’une excursion à des milliers de kilomètres de la ville de Nantes dont je suis originaire et que j’habite, je croise par hasard le chemin de deux véganes militantes, deux soeurs sensiblement du même âge que moi. Avec bienveillance, elle m’exposent leur point de vue, et répondent sans retenue à toutes mes interrogations. Chacun de leurs arguments fait mouche en moi, et rationnellement, je perçois que leur cause est juste. A l’issue de cette rencontre, je leur indique être désireux de poursuivre cette réflexion ultérieurement. Le hasard voulu qu’a 9500 kilomètres de chez moi, mes interlocutrices fussent elles aussi Nantaises.

La graine de l’éveil était semée.

De retour, je me rends à une réunion végane organisée par ces Nantaises. Une fois encore, tout me semble juste dans les arguments avancés, mais je sens aussi que le moment n’est pas encore pour moi venu. J’ai (ou je me persuade d’avoir) d’autres impératifs d’ordre personnel qui ne me permettent pas à instant T de me confronter plus avant à cette réalité que l’on me conseille pourtant d’affronter (en observant par exemple ces vidéos d’abattoirs…)

Je refuse de visionner ces images. Au fond, je sais que ce que je vais voir ne va pas, mais alors pas du tout me plaire. Je n’ai pas ce courage, je ne m’y sens pas prêt.

Quatre années plus tard, il y a plus de 6 mois désormais, éclate un nouveau scandale lié aux abattoirs, plus précisément celui d’Alès, dénoncé par les courageux activistes de L214. Ma compagne, lors d’un bref échange au cours de la journée, me demande si j’ai regardé la fameuse vidéo, m’indiquant qu’après l’avoir vu, elle ne trouvait vraiment pas cela joli joli. Comme à mon habitude, je lui réponds que ce genre de vidéos « n’est pas pour moi ».

Le soir venu, seul devant mon ordinateur, au hasard de ma navigation, je me retrouve face au lien de cette fameuse vidéo. Ma femme est alors sous la douche, et n’est donc pas à portée de voix.

Elle ne m’a pas l’air traumatisée de son visionnage. Pourquoi donc depuis tout ce temps, refuser de me confronter à la réalité ? Ce que j’ignore alors encore, c’est que ce qu’elle a vu, ce ne sont que quelques images floues provenant d’un journal télévisé timide, et non la vidéo originale de L214.

Sans le savoir, je m’apprête à bouleverser ma perception de la vie.

Je lance la vidéo.

Tremblement de terre. Mes oeillères volent en éclat. A mesure que je découvre avec effroi ce à quoi je participe « malgré moi », mon véritable lien à la Nature, mon corps, se manifeste. Je transpire abondamment, mais sans commune mesure avec ce flot de larmes intarissable qui inonde alors mes draps. Je me sens coupable, j’ai honte, j’ai la rage, je m’excuse auprès de ces être innocents torturés et je suis aussi paradoxalement dans l’instant soulagé. C’en est terminé. Je sais.

La graine a de l'éveil à germé. J’avais peur d'un arrosoir.

Reste donc à mener un combat titanesque. Ca tombe bien, je suis très remonté. J’ai donc entamé seul ma rééducation. Je la poursuis au quotidien, avec honnêteté et passion.

Ne consommant plus désormais ni viande ni poisson, ni lait, ni cuir ou autres produits issus de l’exploitation animale, ni produits testés sur les animaux, tolérant encore pour le moment par confort oeuf et ou fromage ou produits à base de lait, j’ai bien conscience que de par cette modification de mes habitudes, à ma toute petite échelle, je ne sauverai pas tout seul la moindre vie animale.

Parce que c’est à 50% + 1 personne que nous pouvons tout changer, il s’agit plutôt d’un acte politique visant à impacter mon environnement proche, interpellé par le fait d’observer que je sois en mesure de respecter une telle discipline. « Pourquoi donc s’infliger de telles contraintes ? »

Cela me permets donc d’entamer la discussion avec celui qui y est ouvert.  La graine de l'éveil est alors semée.

Libre à chacun de l’arroser.

A l’heure où je vous parle, je suis déjà entré en contact avec le Collectif Nantais pour les Animaux où se trouvent de remarquables personnes, j’ai aussi participé à une conférence sur Rennes concernant les animaux de laboratoire, et me tiens informé des actions menées alentour. Dans mon entourage proche,  suite aux échanges et débats suscités, j’observe d’ores et déjà des positionnements très prometteurs (flexitarismes) ou même carrément inattendus (végétarismes, végétalismes) etc. Quel bonheur ! Il suffit que les gens comprennent  pour qu’ils se positionnent.

Comme chacun d’entre nous.

J’ai donc visiblement la chance d’être entouré de gens qui réfléchissent et qui réagissent un peu plus vite que moi. Il importe que chacun soit un jour en mesure d’effectuer un choix éclairé sur le sujet. L’atteinte d’une efficacité optimale dans l’échange et la transmission des informations nécessitent le respect, entre autres,  du rythme de chacun. Ne pas y être attentif se révèle à mes yeux contre-productif.

La manière de faire parvenir ce message à mes interlocuteurs est au coeur de ma réflexion, et je pense maitriser depuis peu les rudiments de cet exercice plus périlleux qu’il n’y parait de prime abord.

Je réfléchi donc aujourd’hui à la pertinence d’un mouvement politique dont le coeur du programme serait l’antispécisme. Si vous avez des idées ou informations sur le sujet, je serai ravi d’en discuter avec vous, et me tiens bien évidemment à votre entière disposition pour tout échange.

Vous remerciant d’avance pour le temps que vous avez su prendre à me lire, je vous dis donc à très vite.

Tristan

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